Deux élèves ont perdu la vie dans un accident de la circulation derrière cet établissement, où des élèves en colère ont saccagé plusieurs infrastructures de l’institution.
Rebara Habra

Elle arrive un peu plus tard sur les lieux de l’accident. À ses côtés, son frère tente de la convaincre que Junior pourrait se trouver à l’hôpital. Elle l’écoute, mais reste convaincue du contraire. « Je sais que Junior est mort. Il n’est pas à l’hôpital. Junior est mort », répète-t-elle. Junior a effectivement perdu la vie dans l’accident de la circulation survenu derrière le lycée technique bilingue de Nsam, le 21 octobre 2026.
Sur le goudron, des gouttes de sang témoignent de la violence du choc. À proximité d’un camion stationné, les débris de la moto qui transportait Junior et ses deux camarades jonchent le sol. Une paire de gants et des rétroviseurs brisés sont éparpillés sur la chaussée. Les versions divergent sur les circonstances de l’accident. « Ils étaient à l’école. Ce matin, la proviseure a renvoyé certains élèves pour qu’ils aillent se coiffer. Les trois élèves sont partis sur une moto. C’est à leur retour qu’ils ont été percutés par un cortège, derrière le lycée », raconte un élève.
Un autre apprenant se montre moins affirmatif sur leur parcours. « Je ne sais pas s’ils venaient de la maison ou s’ils étaient déjà à l’école. Je sais juste qu’ils ont été percutés par un cortège. Un élève est mort sur place, un autre à l’hôpital. Le troisième est hospitalisé, grièvement blessé », confie-t-il.
Quelques minutes plus tard, la colère gagne l’établissement. Des élèves se soulèvent contre la proviseure et s’en prennent aux installations du lycée. « Aucun surveillant n’est sorti pour voir les élèves qui étaient à terre. C’est pourquoi les élèves étaient en colère et ont semé le chaos », explique une commerçante. Du côté de l’administration, c’est le silence. Ni la proviseure, ni les censeurs, ni les surveillants n’acceptent de répondre aux questions de la presse.
Dans l’après-midi, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) publie un communiqué dans lequel il livre sa version des faits. « À l’annonce de l’accident mortel, certains élèves ont cru, à tort, que la victime était leur camarade précédemment renvoyé. En réaction, ils s’en sont pris aux infrastructures et aux équipements du lycée, notamment au restaurant, aux bureaux administratifs, aux véhicules, aux salles informatiques et aux tableaux numériques. Ces actes de vandalisme ont contraint les membres de l’administration à se mettre à l’abri », indique le ministère.
Face à la foule d’élèves en colère, l’intervention de la gendarmerie est nécessaire pour rétablir l’ordre aux abords de l’établissement. Selon le Minesec, « la situation est désormais sous contrôle », grâce à l’intervention du sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé III, des forces de maintien de l’ordre et des responsables locaux des services du ministère.
Le drame survient dans un contexte marqué par une série d’accidents impliquant des élèves. Une semaine plus tôt, deux élèves avaient perdu la vie dans des accidents de la circulation à Yaoundé, au cours de la même journée.



