Depuis le 19 octobre, la ministre des Postes et Télécommunications conduit une délégation part au Global AI and Digital Summit 2026 dans la capitale Sud-coréenne.
Lorine Claudia Agnang

« Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA [intelligence artificielle, Ndlr] dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA. » Tels sont les propos de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, au Global AI and Digital Summit 2026, entendez Sommet mondial sur l’IA et le numérique, à Séoul en Corée du Sud, pour marquer ce gap dans l’usage de l’intelligence artificielle d’un pays à l’autre.
Le Cameroun fait partie des pays qui souhaitent tirer profit des promesses de l’IA. Pour y arriver, le membre du gouvernement a fait savoir que le pays a pensé à l’élaboration d’une stratégie nationale afin d’encadrer son usage. « C’est dans ce cadre que des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale du développement de l’économie numérique au Cameroun en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.»
Organisé du 19 au 22 octobre, le Global AI and Digital Summit 2026 a pour enjeu central de tirer parti de l’intelligence artificielle et du numérique pour améliorer les services publics, renforcer la compétitivité des entreprises et ouvrir des perspectives d’emploi. Cette participation offre l’occasion d’enrichir les orientations nationales et de rechercher des partenariats pour des projets répondant aux besoins des populations.
En participant à ce rendez-vous de tech organisé par le Groupe de la Banque mondiale, conjointement avec les ministères de la République de Corée chargés des Finances et de l’Économie, ainsi que des Sciences et des Technologies de l’information et de la communication, le Cameroun entend faire de la coopération internationale un appui à une transformation numérique utile aux citoyens, créatrice d’opportunités et adaptée à ses réalités économiques et sociales. De plus, le pays recherche l’amélioration des politiques publiques grâce aux enseignements tirés des échanges. Ces travaux portent sur l’identification de partenaires et de mécanismes d’appui pour accompagner des projets nationaux. Ils concernent le repérage de solutions transférables pouvant améliorer la qualité des services publics et la productivité des entreprises, notamment des Pme.
Réaction
Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Recevez les chaleureuses salutations du peuple camerounais et, en particulier, celles de notre chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya. C’est pour moi un insigne honneur de conduire la délégation camerounaise qui prend part à ce sommet.
Les promesses de l’IA sont si proches et pourtant si insaisissables pour de nombreux citoyens du monde. Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA. Les promesses de l’IA en matière d’amélioration de nos conditions socio-économiques ne peuvent se concrétiser que par la concertation et le partage des bénéfices.
À l’instar d’Internet, malgré ses nombreux bienfaits pour l’humanité, la cybercriminalité, la désinformation, le chantage, le harcèlement et le vol viennent annuler ces formidables avancées scientifiques. Ces maux liés à Internet sont les marques d’un parcours et d’une technologie qui ont, d’une certaine manière, négligé une réglementation concertée. Nous devons tirer les leçons de cette expérience et travailler ensemble pour veiller à ce que la voix de chaque nation soit entendue et prise en compte dans les conceptions et les offres de services du domaine de l’IA.
Au Cameroun, conscient du fait que l’intelligence artificielle est un outil prodigieux qui présente des perspectives considérables de progrès tout en soulevant des risques qui appellent à une vigilance soutenue, le chef de l’Etat a prescrit le développement d’une IA éthique et responsable. Et pour ce faire, le gouvernement s’est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle en privilégiant une démarche participative et inclusive, associant l’ensemble des parties prenantes à la réflexion sur les conditions d’appropriation et de développement de cette technologie au Cameroun. C’est dans ce cadre que des Concertations Nationales sur l’Intelligence Artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale du développement de l’économie numérique au Cameroun en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.
Je ne saurais conclure mon propos sans exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs et au Gouvernement coréen pour leur accueil chaleureux, et pour avoir pris l’initiative de nous réunir tous dans cette salle afin de débattre et d’agir de concert autour d’une technologie qui, si elle est correctement encadrée et régulée, constituerait l’une des étapes les plus décisives que l’humanité aura franchies dans son évolution.



