Prévu le 23 septembre 2026 à Yaoundé, le colloque national sur les peines alternatives entend accélérer leur mise en œuvre et l’adoption du décret d’application.
Rebara Habra
Le Cameroun veut passer du principe à la pratique. C’est tout l’enjeu du colloque national sur les peines alternatives, prévu le 23 septembre 2026, au palais des Congrès de Yaoundé. La rencontre entend être davantage qu’un espace de réflexion. Elle veut surtout ouvrir la voie à des solutions concrètes pour faire passer les peines alternatives « de l’effectivité juridique à l’effectivité pratique », explique Me Sandrine Dacga Djatche, représentante d’Avocats sans frontières France au Cameroun.
Le colloque se tient dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance carcérale au Cameroun (Pagic), porté conjointement par Avocats sans frontières France (Asf France), le Réseau camerounais des organisations des droits de l’homme (Recodh) et le Research Institute for Development (RIDEV). Ce grand rassemblement des acteurs de la chaîne pénale vient boucler une série d’activités menées dans le cadre du projet susmentionné. « La formation des acteurs de la chaîne pénale, cartographie des intervenants en milieu pénitentiaire et étude de faisabilité des peines alternatives réalisée par un cabinet externe », a énuméré Me Sandrine Dacga Djatche.
Le rendez-vous de Yaoundé intervient alors que les prisons camerounaises restent confrontées à une forte surpopulation. Selon le rapport 2024 sur l’état des droits de l’homme au Cameroun, publié par le ministère de la Justice, leur taux d’occupation dépasse 176 %. Les détenus provisoires représentent, eux, plus de 62 % de la population carcérale. Certains sont poursuivis pour des infractions passibles de peines d’emprisonnement de moins de deux ans, voire simplement d’amendes.
Lors de la révision du Code pénal en 2016, le législateur camerounais a introduit deux alternatives à l’emprisonnement ferme : les travaux d’intérêt général et la sanction-réparation. . « Ces mesures doivent contribuer à désengorger les prisons, mais aussi à donner à la peine une dimension éducative, restauratrice, réparatrice et resocialisante.»
Entre la loi et sa mise en œuvre, le fossé demeure. « Sur le plan normatif, les peines alternatives au Cameroun sont effectives. Mais sur le plan pratique, leur opérationnalisation pose encore problème », souligne Me Sandrine Dacga Djatche. Les échanges devront donc permettre de dresser un diagnostic et d’identifier les moyens de rendre ces mesures réellement opérationnelles.



