Dans une vidéo publiée sur son compte TikTok, l’artiste du titre à succès “Mon Lopaire” exprime ses déboires, qui bloquent sa carrière.
Lorine Claudia Agnang

« Je veux faire de la musique, laissez-moi m’exprimer. » Ces propos d’Ella Nao, en larmes dans une vidéo, n’ont pas laissé les internautes indifférents. Dans un clip de huit minutes et trente secondes, l’auteure du titre à succès raconte les déboires qu’elle connaît dans sa carrière. Tout part d’une scène vécue lors de la soirée des Canal 2’Or. « Quand on arrive, on n’a pas directement accès à la salle. Pendant un moment on est au hall. Et c’est l’occasion de rencontrer d’autres artistes et acteurs culturels, de papoter, de resauter, etc. Pendant ce petit moment-là, je traînais çà et là, j’ai rencontré deux jeunes hommes. On s’est salué. Et quand on s’est croisés, ils se sont dit que je continuais. Mais je me suis arrêtée net derrière eux. Et à tout hasard, j’ai entendu l’un d’eux dire : « Ella Nao ! Ce sont les artistes d’un son ! Depuis qu’elle a chanté Mon lopaire, il n’y a plus rien. » J’ai senti mes pieds trembler, parce que c’était tellement injuste. Ils avaient raison, de leur point de vue. Mais pour moi, qui sais ce que je produis comme musique, avec une team incroyable, on fait des chansons incroyables qui ne sortent jamais, je me suis senti tellement mal », confie-t-elle.
Dès cet instant, l’artiste a pris la résolution de se battre pour son art. Comment expliquer qu’elle soit appelée aujourd’hui artiste d’un son ? Ella Nao pointe du doigt son producteur. « Mon producteur a beaucoup fait pour moi. Parfois, il a dépassé le cadre professionnel dans le sens où j’ai passé des moments très difficiles et il était là, humainement et financièrement. Mais est-ce à dire que je dois payer pour exprimer ma gratitude en abandonnant la musique, en n’allant qu’à son rythme ? Il peut décider aujourd’hui d’allumer et d’éteindre, et moi je n’ai rien à dire ? » Pourtant, dit-elle, d’après leurs clauses verbales et écrites, ils ont un agenda bien structuré qu’ils devraient respecter. Après son titre Mon lopaire, l’artiste dit avoir sorti un autre single en février intitulé Ta femme. Après celui-là, il y avait même un album en préparation. « On a passé des nuits blanches à travailler sur les chansons. On a donné. Tout ça pour les garder au fond d’un ordinateur ? », se demande-t-elle, toujours en larmes. Depuis trois mois qu’elle a exprimé son ras-le-bol, c’est silence radio. « Je ne suis pas une artiste d’un son ! Les professionnels avec qui j’ai travaillé le savent. J’ai des chansons incroyables, mais qui ne sortent pas… Mon lopaire n’est que la partie visible de l’iceberg et même pas ! », se défend Ella Nao.
En quelques heures seulement sur son compte TikTok, la vidéo comptabilise des milliers de commentaires oscillant entre compassion et encouragement. Darina Victry, interprète du succès Laisse-moi t’aimer, a profité de cette tribune pour exposer ses propres déboires et révéler comment les producteurs ont fini par plomber sa trajectoire.
Plusieurs pages culturelles sur Facebook ont relayé la séquence, ou du moins commenté la situation de l’artiste, au point de la pousser à retirer la publication de ses plateformes. Mais la toile s’était déjà emparée de l’affaire. La réaction du producteur ne s’est pas faite attendre.
Réaction
Dj Mastatik, producteur : Je ne suis pas là pour te bloquer

A vrai dire, j’ai pris le soin de regarder l’entièreté de la vidéo et j’y vois une vraie forme de manipulation jumelée à de la comédie dans le but de nuire à ma réputation et me faire passer pour une mauvaise personne. Avec cette vidéo on peut certainement tromper les fans, mais pas les professionnels ni ceux qui savent prendre un peu de recul face à certaines situations. Je peux vous rassurer je ne bloquerai jamais un artiste car je ne suis pas Dieu. Je ne bloquerai jamais la vie de qui que ce soit. Mais je peux encore me permettre de choisir de travailler et d’investir dans un environnement sain ou le respect doit être la base.
Alors que se passe t-il exactement ?
Il y a un peu plus de 2 mois environ, j’ai personnellement eu un échange téléphonique avec Ella Nao. Lors de cet échange où nous étions en désaccord sur un sujet de gestion financière lors de la répartition d’un cachet comme après chaque prestation (j’épargne les détails), cette dernière n’a pas apprécié mon désaccord sur sa manière d’avoir voulu gérer ledit cachet. Cette dernière a commencé à hausser le ton au point de me gronder, me manquer de respect ce que j’ai trouvé insultant et j’en ai fait part à l’artiste et j’ai décidé de stopper l’échange et j’ai pris du recul. Dieu seul sait que la seule chose qui nous motive dans ce type de projet c’est la passion et le respect qui peut régner dans ce type de collaboration qui prend énormément de temps avant d’être rentable.
Oui, j’ai manifesté ma déception et mon mécontentement depuis ce jour et cette dernière n’a jamais pris la peine de présenter ses excuses et au contraire elle a toujours estimé ne m’avoir jamais manqué de respect. Donc j’estime être dans mon droit de continuer ou pas à investir de l’argent si j’ai en face une artiste capable de me manquer de respect. Tout le reste, ça fait partie de la vie d’un projet, retard, réajustement, problèmes financiers etc…
Une fois que ceci est dit c’est quoi la suite ?
Ella Nao tu n’as besoin de pleurer sur les réseaux sociaux pour me faire passer pour quelqu’un qui veut bloquer ta carrière et je viens donc confirmer ici publiquement que tu n’es pas bloquée rassures toi. On a commencé un travail avec Vladimir Beatmaker pour ton album. Il a déjà reçu 50% des fonds de ma part. Il reste 50% à solder. Tu peux t’acquitter du solde de cette facture et tu récupères toutes les chansons et tu sors ton album tranquillement dans la paix. Tu pourras considérer mon avance de 50% comme ma contribution et je ne te réclamerai rien de plus. Mais tu peux te renseigner sur le fait que je suis en capacité de réclamer beaucoup plus que ça… Mais une fois de plus, j’insiste, je ne suis pas là pour te bloquer. Lorsqu’il y’a du manque de respect je me retire.
PS : Attention je tiens à corriger une affirmation qui est totalement fausse: lorsqu’on manifeste un mécontentement au producteur, il décide de tout arrêter. Il faut plutôt dire lorsqu’on manque de respect au producteur, il décide de tout arrêter. Je gère d’autres artistes et ces derniers me font part régulièrement de leurs mécontentements tous les jours et ceci dans le respect et on trouve des solutions et le travail continue. Malheureusement cette dernière ne voit aucun manque de respect et ne se remet pas en question c’est encore plus grave. C’est bien dommage…


