Tiriane Balbine Noah, Pierre Emmanuel Binyam et Ronnic Bris Djolako conduisent chacun une liste pour la convention extraordinaire du 17 octobre prochain.
Jean De Dieu Bidias
La succession de Maurice Kamto à la tête du Mouvement pour la renaissance du Cameroun prend forme. Au terme de la période de dépôt des candidatures, trois listes ont été enregistrées pour la convention extraordinaire du parti, annoncée pour le 17 octobre prochain à Yaoundé. Tiriane Balbine Nadège Noah, Pierre Emmanuel Binyam et Ronnic Bris Djolako se disputent la présidence d’un parti désormais privé de son fondateur et de son ancien premier vice-président, Mamadou Mota, démissionnaires le 8 septembre 2026. Les trois candidatures ne se ressemblent pas. Au contraire, elles donnent à voir les premiers contours de la recomposition d’un parti dont la direction va devoir s’organiser sans Maurice Kamto, après près de 15 années de centralité autour de sa personne.
À ce stade, la liste de Tiriane Balbine Noah apparaît comme la plus étroitement articulée à l’appareil dirigeant sortant. L’actuelle présidente par intérim du Mrc sollicite la présidence nationale avec, à ses côtés, plusieurs responsables connus du parti. Son ticket est composé du troisième vice-président sortant, Me Emmanuel Simh, au poste de premier vice-président, d’Elie Ngompe Fotso, connu dans le parti jusque-là comme secrétaire chargé des questions électorales et référendaires, comme deuxième vice-président, d’Ismael Kaigama, 4e vice-président au sein du bureau élu en décembre 2025, au troisième, de Samuel Same Kolle au quatrième et d’Aissatou Saadou, qui souhaite garder son fauteuil de 5e vice-présidente obtenu en décembre passé.
Beaucoup parient sur cette liste qu’ils annoncent comme favorite à l’élection attendue le 17 octobre. Outre le fait qu’elle soit corsée, avec plus de 95% de ses membres qui siégeaient au sein du directoire sortant, elle est sociologiquement la plus diversifiée, en plus d’avoir deux femmes. Autres cadors du bureau sortant, colistiers de Tiriane Noah, Christopher Mveh Ndong veut rempiler au secrétariat général, de même qu’Appolinaire Legrand Oko à la trésorerie nationale. La présence d’Emmanuel Simh constitue l’un des marqueurs de cette liste. L’avocat avait déjà publiquement apporté son soutien à Tiriane Noah dès la démission de Maurice Kamto. Il revendique, notamment, une équipe « expérimentée ». La candidature de Noah bénéficie également de sa position actuelle à la tête du parti, même si son intérim ne préjuge évidemment pas du choix des délégués lors de la convention. Son ticket est, par ailleurs, complet sur les huit postes soumis à l’élection. Une caractéristique qui le distingue de celui de Ronnic Bris Djolako. Ce dernier, dont la candidature a été la première déposée le 16 septembre, propose Janvier Tamesse comme premier vice-président, Dorothée Tinack comme deuxième, Elias Mba comme troisième et Serge Fone comme quatrième. Le cinquième poste de vice-président n’est pas pourvu. François Ayissi est proposé comme secrétaire général et Rogers Akoum comme trésorier national. Cette liste est composée de cadres plus ou moins connus. Entre les deux, Pierre Emmanuel Binyam présente lui aussi une équipe complète.
Le candidat à la présidence, secrétaire général adjoint du bureau actuel, s’entoure de Jean-Pierre Doualare Boutché, premier vice-président, Michel Mbida Ndoumbe, deuxième vice-président, Sarah Laure Ndongho, troisième vice-présidente, Paul Kouatte Elokan, quatrième vice-président, et Hawkins Ejebe Epie, cinquième vice-président. Célin Kamche Wappi est proposé comme secrétaire général et Patrick Tekem Demanou comme trésorier national. Au-delà des noms, ces trois tickets traduisent trois positionnements dans la bataille ouverte par le départ de Kamto. Celui de Tiriane Noah s’inscrit dans la continuité de la direction actuellement en place. Celui de Binyam est porté par un responsable issu de l’appareil du parti, tandis que Djolako tente de faire émerger une autre offre au sein d’une formation appelée à redéfinir ses équilibres internes. La prochaine étape sera l’examen de la recevabilité des candidatures par les instances compétentes du Mrc. C’est seulement après cette phase que la campagne interne pourra véritablement s’ouvrir. Ce scrutin est inédit pour un parti qui, depuis sa création en 2012, n’avait encore jamais organisé une compétition ouverte pour sa présidence nationale.



