Logone-et-Chari : De nombreux villages se vident de leurs populations

Elles redoutent de nouvelles menaces de Boko Haram après le carnage de Madegwa perpétré par le groupe terroriste le 17 septembre 2026.

Jacques Kaldaoussa

Boko Haram dicte sa loi à l’Extrême – Nord

Depuis plusieurs semaines, la recrudescence des menaces de Boko Haram pousse des populations à abandonner leurs villages par crainte de nouvelles incursions. L’abandon des villages frontaliers s’est accentué depuis l’attaque du village de Madegwa, dans la nuit du 16 au 17 septembre 2026, laquelle s’est soldée par un bilan de 15 morts et plusieurs blessés.

Plusieurs villages dans les arrondissements de Makary, où a eu lieu la dernière attaque, et de Waza se sont vidés de leurs populations au profit des centres urbains jugés plus sûrs. À Tildé notamment, la situation aurait suscité une vive panique ces derniers jours. Les forces de défense, appuyées par les populations locales, ont repoussé plusieurs tentatives d’incursion, tandis que les autorités administratives poursuivent les actions de proximité auprès des habitants. Les villages Samké, Ndjikina, Malia, Salé, Bladolé, Mada 1 et 2, Layola, Toukoumaya, Choloba, Zigagué, Zigué, Touga, Kola, Bilé Kotoko, Bilé Mousougoum et Tagawa figurent parmi les localités les plus concernées par cet exode.

Le chef-lieu de Waza accueille désormais de nombreuses familles déplacées, certaines trouvant refuge jusque dans des salles de classe. Ces déplacés internes vivent dans des conditions extrêmement précaires et sont exposés aux intempéries et aux maladies opportunistes. Cette situation accentue la pression sur les infrastructures et les services sociaux de base. Dans les centres urbains des chefs-lieux des arrondissements de Makary et de Waza, on peut facilement remarquer des habitations de fortune des déplacés internes, faites de paille ou de bâches.

Pour les plus fortunés parmi ceux qui fuient la menace de Boko Haram, certains ont choisi de s’installer dans la région du Nord, notamment aux abords des parcs de la Bénoué et de Bouba-Ndjida. « Nous avons vendu le reste de notre bétail pour avoir ne serait-ce que l’argent du transport pour aller nous installer à Ngong [Ndlr : département de la Bénoué, dans la région du Nord], où nous avons un frère. Au moins, nous serons en sécurité et nous allons exploiter de vastes parcelles vides à des fins agricoles », confie Oumaté Abba, un candidat au départ dans le village de Mada, dans l’arrondissement de Makary.

Face à cette crise sécuritaire et humanitaire, les populations résilientes appellent à un renforcement rapide et conséquent du dispositif de sécurité, ainsi qu’à une assistance adéquate aux personnes déplacées internes.