Le drame tragique est survenu aux environs de 2h, le 17 septembre 2026 dans la localité de Madegoua, arrondissement de Makary.
Rebara Habra

La nuit a de nouveau été meurtrière dans le Logone-et-Chari. Vers 2 h du matin. Le 17 septembre 2026, des hommes armés à motocyclettes ont fait irruption à Madegoua, village situé dans l’arrondissement de Makary. Alors que les habitants dormaient, les assaillants ont ouvert le feu sur la population. Au moins 13 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Le bilan, encore provisoire, pourrait évoluer.
Les victimes ont été inhumées dans la matinée, selon les rites musulmans. Des enfants auraient également été enlevés au cours de l’incursion. Leur nombre reste à établir. Le maire de Makary, Agbassi Adoum, évoque une possible opération de représailles. Il fait le rapprochement avec l’arrestation, le 9 août dernier, d’un homme présenté comme un présumé ravitailleur de Boko Haram. Interpellé à Dougoum-Silo, dans l’arrondissement de Hilé-Alifa, le suspect transportait, selon les éléments communiqués à l’époque par la gendarmerie, 7 412 munitions de calibre 7,62 × 39 mm dissimulées dans trois bidons.
Selon l’édile, l’homme aurait été dénoncé par des habitants avant son arrestation. L’attaque de Madegoua pourrait ainsi constituer, selon cette hypothèse, une vengeance contre une population soupçonnée d’avoir contribué à son interpellation. Cette version reste toutefois à confirmer par les autorités sécuritaires et judiciaires.
Cette nouvelle attaque rappelle que la menace armée n’a pas disparu dans l’Extrême-Nord, malgré les déclarations faisant état d’un recul de Boko Haram. En novembre 2024, une attaque attribuée au groupe dans la localité de Ldamang, dans le Mayo-Tsanaga, avait fait 12 morts et de nombreux blessés.



