
L’auteure a présenté son roman « Et les femmes se sont tues » le 4 avril dernier à l’Hôtel des députés.
Par Alain Ndanga
La salle de conférence de l’Hôtel des députés est archicomble le 4 avril courant. Rendue à plus de 21 heures, la température qui devrait se situer autour de 20 degrés à l’ombre, grimpe. Même avec le climatiseur qui tourne à plein régime, la chaleur dicte toujours sa loi. Le pourquoi du comment : pas le moindre espace vide ; des participants de la cérémonie de dédicace du roman « Et les femmes se sont tues » de Sabine Mengue, qui n’ont pas pu avoir de places assises, se réfugient dans les couloirs de la salle.

Pas de répit pour l’auteure à la phase de questions réponses. Affrontant les objectifs des caméras et le regard des participants, Sabine a donné des réponses sans faux-fuyant. L’exercice tournait autour de sa carrière d’écrivaine, de l’élément déclencheur de l’écriture du livre, du choix du genre littéraire entre autres. Alors que plusieurs doigts sont encore levés pour poser leurs préoccupations, le modérateur de la session, Ray Ndebi, est obligé de mettre un terme à cette séquence.
Le moment tant attendu arrive enfin. Sabine Mengue à sa même place, pose sa griffe dans les exemplaires achetés. Elle a fort à faire car c’est une longue file de personnes qui attendent dédicacer leur livre. L’auteure le fait avec beaucoup d’élégance et chaque personne a son message. Une poignée de main accompagne le geste de la dédicace.
La romancière a choisi le mot « Kalan, littéralement, transmission » comme collection de « Et les femmes se sont tues ». Pour la transmission, trois autres panélistes ont entretenu l’auditoire sur des angles différents. François Didier Mvondo a ouvert le bal par sa « croustillante » note de lecture. Dans un débit contrôlé et d’une éloquence certaine, l’enseignant de littérature a passé le livre au peigne fin, aussi bien dans le contenu que sur le contenant. Ses mots bien choisis et accessibles pour tous ont suscité l’intérêt à se procurer le sésame.
Le préfacier, Noël Nathanaël Owono Zambo, par ailleurs chef de département de Philosophie à l’Université de Yaoundé 1 a partagé sa lecture du livre de chevet de Sabine avec l’assistance. Il n’a, au cours de sa communication, tarit d’éloges à l’endroit de l’auteure ; la traitant de tous les mots aimables : esprit brillant, visionnaire entre autres. Il se dit d’ailleurs honoré d’avoir eu ce privilège de mettre sa signature dans un projet aussi audacieux qui apporte une lumière en plus dans la littérature camerounaise.
L’enseignante et coordinatrice du Pfac, Pauline Effa a abondé dans la problématique centrale du livre : « le rôle des femmes dans la construction de l’unité nationale, quels fruits tirer des semences » ? Elle n’a pas manqué de souligner que le livre l’a bouleversée, parce que dit-elle a l’impression qu’il s’agit de l’histoire qu’elle a vécue que l’auteure raconte. Le livre parle d’une jeune camerounaise, Afang, engagée à rassembler les morceaux de l’histoire et à briser le silence qui menace de détruire sa famille.
Née au Cameroun, Sabine Mengue fait des études en théologie et en management de projets internationaux avant de s’envoler en France et dans plusieurs autres pays dans le monde. La démarche artistique est basée sur la transmission, l’histoire et la construction d’un monde meilleur.



