La deuxième édition de ce salon, prévue du 11 au 13 novembre 2026, va réunir fournisseurs de solutions solaires, investisseurs, entreprises et acteurs publics du continent.
Jean De Dieu Bidias
Après une première édition organisée les 28 et 29 mai 2025, Solar Connect Africa revient avec plus d’ambitions. Le rendez-vous consacré au solaire et au stockage de l’énergie s’installera pendant trois jours au Palais des congrès de Yaoundé, avec la perspective de faire du Cameroun un point de rencontre régional pour les acteurs de cette filière. L’événement qui est organisé par OL Power Tech Sarl, avec le soutien de plusieurs administrations camerounaises, dont le ministère de l’Eau et de l’Énergie, entend rapprocher davantage l’offre des besoins. Fabricants, distributeurs, intégrateurs, investisseurs, bailleurs, entreprises, collectivités et utilisateurs finaux sont appelés à se retrouver autour de solutions allant du photovoltaïque au stockage par batteries, en passant par les mini-réseaux, l’électrification rurale, le pompage solaire, la chaîne du froid et l’éclairage public. L’agrivoltaïsme et la mobilité électrique font également leur entrée dans le périmètre thématique de cette édition.
Pour les entreprises, l’enjeu se situe dans la transformation des rencontres en contrats et en projets. Le programme prévoit ainsi des rendez-vous B2B, B2C et B2G, des rencontres avec les investisseurs et les administrations, ainsi que des sessions de démonstration et des ateliers techniques. Les promoteurs de projets pourront, notamment, rechercher des partenaires techniques, commerciaux et financiers, tandis que les investisseurs et bailleurs disposeront d’un espace pour identifier des entreprises et projets dans les énergies renouvelables. Cette orientation traduit l’évolution du salon. L’édition 2025 avait marqué le lancement de la plateforme.
En 2026, le format passe de deux à trois jours et vise un public présenté comme plus qualifié, avec une représentation locale, régionale et internationale renforcée. L’organisation prévoit également un dispositif de matchmaking destiné à multiplier les opportunités d’affaires. Au-delà des exposants, le pari est aussi régional. Le salon cible les marchés résidentiels, commerciaux, industriels, agricoles et institutionnels, ainsi que les projets d’électrification à grande échelle, l’enjeu étant, pour le Cameroun, ses voisins et de l’Afrique centrale et de l’Ouest, de capter davantage d’investissements, de favoriser le transfert de technologies et de positionner les entreprises locales et régionales dans une chaîne de valeur appelée à s’ élargir.
Luther Ndola : Une édition plus robuste et orientée vers les affaires
Président du comité d’organisation de Solar Connect Africa, cet expert en énergies renouvelables annonce 100 exposants et 1 500 visiteurs lors de l’édition 2026 de ce salon.
Jean De Dieu Bidias

Solar Connect Africa passe en 2026 à un format de trois jours, avec davantage d’acteurs internationaux et un programme de matchmaking. Y-a-t-il des résultats concrets de la première édition qui vous auraient convaincu qu’il existe un véritable marché pour ce type de plateforme au Cameroun ?
La première édition, organisée en 2025, a réuni 29 exposants, 15 intervenants et environ 500 visiteurs. Ces chiffres ont confirmé l’existence d’un intérêt réel pour les solutions solaires, le stockage et les équipements adaptés aux besoins locaux. Mais le résultat le plus important a été la demande insistante de la majorité des participants – institutions, industriels, professionnels et particuliers – de voir naître une deuxième édition plus robuste et davantage orientée vers les affaires. Beaucoup ont souhaité disposer de plus de temps, de rencontres mieux préparées et d’un cadre permettant de passer de la découverte des solutions à la conclusion de partenariats. Le matchmaking fait précisément partie des requêtes formulées à l’issue de l’édition 2025. C’est pourquoi nous avons retenu un format de trois jours en 2026, avec plus de 100 exposants et 1 500 visiteurs professionnels attendus. Notre ambition est de transformer les échanges en rendez-vous qualifiés, en devis, en contrats, en financements et en projets effectivement réalisés.
Le Cameroun veut accélérer l’accès universel à l’électricité, mais les zones rurales restent particulièrement mal desservies. Quel rôle précis Solar Connect Africa entend-il jouer dans cette équation en termes d’apport en technologies et en capitaux, de facilitation des partenariats, etc., ?
Dans les zones rurales, le problème n’est pas l’absence de solutions, mais la difficulté à les déployer au bon coût et de manière durable. Solar Connect Africa veut rapprocher les besoins des territoires des entreprises capables de fournir des systèmes solaires, des mini-réseaux, du stockage, du pompage et de l’éclairage autonome. Nous remercions vivement l’Association des communes et villes unies du Cameroun (Cvuc) pour son appui institutionnel et pour la mobilisation des collectivités territoriales décentralisées, dont l’implication est essentielle pour identifier les projets prioritaires. Le Feicom prendra également part à nos conférences consacrées au financement, afin de partager son expérience et d’éclairer les participants sur les mécanismes susceptibles d’accompagner les projets des collectivités. Nous souhaitons ainsi mettre les communes et les porteurs de projets en relation avec les banques, les investisseurs, les partenaires techniques et les opérateurs privés à travers des rencontres B2G et B2B structurées. Un agriculteur, une école, un centre de santé ou une commune doit pouvoir trouver au salon une solution adaptée, un prestataire fiable et, si nécessaire, un mécanisme de financement approprié. Le salon ne prétend pas électrifier seul le pays, mais il veut accélérer les connexions qui rendent ces projets possibles et faire des Ctd de véritables acteurs de la transition énergétique.
Le principal obstacle au développement du solaire au Cameroun n’est pas seulement technologique, il est aussi financier, réglementaire et lié à la capacité des ménages et des entreprises à payer les équipements. Quels engagements concrets attendez-vous des banques, investisseurs, assureurs et pouvoirs publics pour rendre les solutions solaires réellement accessibles ?
Le développement des projets solaires ruraux nécessite un écosystème financier solide, au-delà de la seule disponibilité des technologies. Les banques doivent fournir les capitaux d’emprunt nécessaires, qu’il s’agisse de crédits destinés aux grands projets ou de mécanismes de microcrédit adaptés aux ménages, aux petits producteurs et aux collectivités. Les investisseurs, de leur côté, apportent les fonds propres indispensables au lancement et à la structuration des projets. Les compagnies d’assurance jouent également un rôle essentiel d’atténuation des risques, car sans garanties adaptées, rares sont les projets privés financés dans les pays émergents ou en développement. Les pouvoirs publics doivent, quant à eux, établir un cadre juridique et économique stable, favorable à l’investissement et à l’électrification décentralisée. Un projet solaire devient bancable lorsqu’il repose sur une demande réelle, un modèle économique clair, des équipements fiables et un responsable identifié pour la maintenance. Solar Connect Africa réunira ces acteurs. Le résultat attendu est simple : davantage de solutions accessibles, financées et effectivement installées.
Vous ambitionnez de faire du Cameroun un point de rencontre régional pour l’industrie solaire. Au-delà des trois jours du salon, quel projet voulez-vous laisser derrière vous et à quel horizon ?
Solar Connect Africa est une foire-exposition annuelle qui a vocation à grandir et à se dynamiser d’édition en édition. Nous voulons répondre de manière toujours plus efficace aux besoins du marché local, camerounais et régional, en tenant compte des réalités des ménages, des entreprises, des collectivités et des investisseurs. L’édition 2026 marquera une nouvelle étape avec plus de 100 exposants, 1 500 visiteurs professionnels et 5 000 m² d’exposition. Au-delà de la présentation des technologies, le salon doit faciliter la conclusion de partenariats, la mobilisation de financements et le développement de solutions adaptées au contexte africain. Notre ambition est de faire de cette plateforme un rendez-vous de référence pour le solaire, le stockage, l’agrivoltaïsme, les mini-réseaux et la mobilité électrique. À terme, Solar Connect Africa entend devenir un véritable moteur de lancement pour une industrie solaire africaine forte, structurée, digne et compétitive. Cette industrie devra s’appuyer sur la formation, la maintenance, l’assemblage local, la recherche et la création d’emplois, afin de réduire progressivement la dépendance aux importations.



