Le conseil l’ancien patron de la Dgre conteste la mise en cause de son client dans une autre procédure liée à l’arrestation d’un ressortissant belge en 2016 et évoque un « acharnement judiciaire.
Rebara Habra

Une nouvelle procédure vient s’ajouter au dossier judiciaire de Léopold Maxime Eko Eko. Dans un communiqué, son collectif d’avocats affirme que le nom de l’ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre) apparaît dans une ordonnance de renvoi du Tribunal de grande instance de la Momo, à Mbengwi. Une procédure que la défense dit avoir découverte à travers les réseaux sociaux.
Selon les avocats, cette affaire concerne Jan Joris Cappelle, un ressortissant belge arrêté dans la région du Nord-Ouest en 2015-2016 et accusé, à l’époque, d’espionnage et d’incitation à l’insurrection. La défense conteste toute implication directe de son client dans son arrestation ou sa détention.
Dans leur version des faits, les avocats soutiennent que la Dgre n’a ni initié l’enquête contre le ressortissant belge, ni participé à son arrestation dans le Nord-Ouest. Ils affirment en revanche qu’en avril 2016, Eko Eko, alors directeur général de la Dgre, avait reçu instruction du ministre secrétaire général de la présidence de la République de recevoir Jan Joris Cappelle, qui lui avait été transféré par la Délégation générale à la Sûreté nationale pour exploitation.
La défense soutient que cette audition n’avait pas pour objectif de le maintenir en détention. Elle affirme que la Dgre avait plutôt sollicité l’intervention de l’ambassade de Belgique à Yaoundé afin de favoriser le retour du ressortissant belge dans son pays. Selon le collectif, celui-ci aurait finalement été rapatrié en Belgique par les services compétents.
Procédure contestée
Les avocats contestent la procédure judiciaire engagée contre Eko Eko. Ils affirment que leur client n’aurait jamais été formellement identifié, cité ou inculpé dans cette affaire. Il n’aurait pas non plus été entendu par le magistrat instructeur et l’ordonnance de renvoi ne lui aurait jamais été notifiée. Pour la défense, ces irrégularités sont susceptibles d’entraîner la nullité de la procédure. Les avocats invoquent notamment plusieurs dispositions du Code de procédure pénale camerounais et annoncent que leur client se réserve le droit d’engager « toutes les suites judiciaires appropriées ».
Cette sortie intervient alors que Léopold Maxime Eko Eko est jugé dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Le procès, ouvert en septembre 2025, se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé.
Pour le collectif, la réapparition de cette procédure intervient dans un contexte qu’il juge particulièrement sensible. Les avocats dénoncent ce qu’ils qualifient d’« acharnement judiciaire » contre leur client et estiment que cette nouvelle mise en cause pourrait porter atteinte à son parcours professionnel et administratif. Les suites de la procédure devant le Tribunal de grande instance de la Momo devront permettre d’établir la réalité des faits reprochés et la responsabilité éventuelle des personnes mises en cause.



