Affaire Martinez Zogo : Justin Danwé remet en cause ses déclarations sur Amougou Belinga

L’ancien directeur des opérations de la Dgre affirme que ses déclarations impliquant Amougou Belinga dans l’assassinat de Martinez Zogo ont été influencées par des visites reçues au Sed.

Rebara  Habra

Après avoir livré plusieurs versions de faits à la commission mixte d’enquête, il a encore surpris le Tribunal militaire de Yaoundé le 26 octobre 2026. L’accusé Justin Danwé affirme que ses déclarations impliquant Jean-Pierre Amougou Belinga dans l’assassinat du journaliste ont été influencées par des visites reçues au Sed. Une révélation qui relance les débats autour des conditions de l’enquête.

À la dernière session d’audiences des 26 et 27 octobre derniers, les déclarations de Justin Danwé sur les conditions dans lesquelles il a mis en cause Jean-Pierre Amougou Belinga ont suscité des réactions contrastées chez les avocats. L’accusé soutient que sa déposition devant la commission d’enquête a été influencée par des visites de personnes alors qu’il était détenu au Secrétariat d’État à la Défense (Sed). Il affirme que ces visites avaient été autorisées par le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef Service central des recherches judiciaires. 

Pour Me Jacques Mbuny, avocat de l’ancien directeur des opérations de la Dgre, cette sortie constitue moins un revirement que des révélations sur le déroulement de l’enquête. L’avocat relève toutefois une divergence majeure entre les témoignages des officiers entendus au tribunal. Alors que le colonel Bialo avait affirmé que Martinez Zogo avait été torturé et assassiné à Ebogo III, le lieutenant-colonel Ayissi aurait indiqué que le journaliste y avait été torturé, avant que son corps ne soit transporté et remis à un autre commando. Me Jacques Mbuny estime que des éclaircissements restent nécessaires sur l’identité des auteurs et des commanditaires du crime.

De son côté, la défense de Maxime Eko Eko voit dans ces déclarations un tournant décisif. Elle évoque des pressions et des rencontres hors procédure susceptibles d’avoir orienté les accusations contre certaines personnes. Pour Me Seri Zokou, ces éléments interrogent la fiabilité des déclarations recueillies au cours de l’enquête.

Ces échanges remettent au centre des débats les conditions de recueil des témoignages et la chaîne des responsabilités dans l’assassinat du journaliste, retrouvé mort le 22 janvier 2023. Les prochaines auditions, les 16 et 17 novembre prochains, sont attendues pour apporter des précisions sur les circonstances du crime et l’identité de ses éventuels commanditaires.