La 1ère convention du CSIDNet couplée à la 4e conférence de Pamca Cameroun s’est tenue les 27 et 28 octobre 2026 à Yaoundé.
Lorine Claudia Agnang

La menace est réelle et les chiffres sont sans appel. Le Cameroun figure parmi les 15 pays les plus lourdement touchés au monde, concentrant environ 2,7 % des cas et 1,9 % des décès mondiaux liés au paludisme en 2024, d’après la plateforme internationale Severe Malaria Observatory. De plus, avec la survenue des changements climatiques, les moustiques évoluent, changent de comportement. « Ils ne piquent plus de la même manière qu’ils le faisaient par le passé. Ils deviennent même résistants à la plupart des insecticides utilisés pour les combattre », confie le Pr Charles Wondji, directeur exécutif du Crid (Center for Research in Infectious Diseases ).
Face à cet état des lieux, il devient urgent de trouver de nouvelles façons d’adresser ce problème. C’est ce qui justifie la tenue, les 27 et 28 octobre derniers, de la 1ère convention régionale francophone du CSIDNet ( Climate Sensitive Infectious Disease Network) couplée à la 4e conférence scientifique de Pamca Cameroun ( Association panafricaine pour la lutte contre les moustiques ) sur le thème « Maladies à transmission vectorielle et changement climatique : Défis et innovations pour avancer l’élimination ».
« Avec les changements climatiques, il est possible que les maladies à transmission vectorielle gagnent en intensité. Il devient donc important pour nous d’avoir une démarche proactive pour adresser ces défis. Face à la menace des changements climatiques, la lutte pour l’élimination des maladies à transmission vectorielle ne peut plus être appréhendée à l’échelle d’un seul État ou bien d’un seul organisme. La solidarité entre chercheurs ou États n’est plus simplement une exigence morale », confie le Pr Christophe Antonio-Nkondjo, président de Pamca Cameroun.
Le soutien de l’Etat devient plus que jamais incontournable: « Nous pensons que la stratégie fondamentale repose sur la capacité du gouvernement à mettre en place des politiques fortes pour financer et soutenir la lutte anti-vectorielle ainsi que la recherche, tant au Cameroun que dans toute l’Afrique. Car ce n’est qu’à travers l’investissement et la recherche que nous pourrons générer de véritables innovations. » , explique le Pr Jude Bigoga, chercheur. Organisée en partenariat avec Impact santé Afrique et l’Organisation de coordination pour la lutte contre les endémies en Afrique centrale (Oceac), cette conférence scientifique marque un tournant décisif dans la lutte contre les maladies à transmission vectorielle au Cameroun et en Afrique.
Fondé en 2009, Pamca est un organisme professionnel africain qui réunit les acteurs de la lutte contre les vecteurs et les maladies vectorielles. Il regroupe les enseignants-chercheurs issus d’universités diverses, les professionnels de santé, les étudiants, les jeunes chercheurs ainsi que les acteurs de terrain engagés dans la lutte contre les moustiques et les maladies qu’ils transmettent. Le chapitre Cameroun, quant à lui, voit le jour en 2017 et compte une centaine de membres. Lors de la cérémonie d’ouverture, trois chercheurs ont été récompensés pour leur contribution à la recherche sur les maladies à transmission vectorielle au Cameroun. Il s’agit du Dr Basile Kamgang, du Pr Cyrille Ndo et du Pr Christophe Antonio-Nkondjo.



