Rebara Habra

Après les dernières audiences du procès Martinez Zogo, le collectif des avocats de Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la Dgre, sort de sa réserve. Dans une mise au point, la défense conteste les éléments présentés comme établissant un lien entre l’ancien directeur général de la Dgre et les opérations menées contre le journaliste.
Selon les avocats, les 35 témoins entendus sur les 43 annoncés par le ministère public n’ont apporté « aucune preuve matérielle, documentaire, téléphonique ou numérique » à charge contre leur client. Ils s’appuient notamment sur les déclarations faites lors des audiences des 14 et 15 septembre 2026 par Justin Danwé et le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo.
La défense insiste surtout sur la chaîne de commandement. Elle affirme qu’une note de service du 12 novembre 2021 avait retiré à Danwé la coordination de toutes les opérations, pour la confier au conseiller technique n°1 de la Dgre. Elle soutient également que les démarches entreprises par Danwé auprès de personnels de la gendarmerie, ainsi que l’utilisation alléguée de moyens extérieurs au service, démontreraient le caractère autonome de l’opération.
Les avocats évoquent par ailleurs des manipulations présumées de fiches de géolocalisation et des manœuvres d’entrave au cours de l’enquête. Ils mettent également en avant les différentes versions livrées par Danwé et l’absence, selon eux, de financement de l’opération par la Dgre.
Ces arguments interviennent alors que Danwé a reconnu devant le tribunal avoir constitué et dirigé le commando impliqué dans l’enlèvement de Martinez Zogo, tout en contestant avoir ordonné sa mort. Il affirme par ailleurs avoir reçu des instructions concernant l’opération.
Le collectif d’Eko Eko réaffirme enfin sa confiance en la justice et rappelle que, selon lui, « le procès pénal se gagne devant le prétoire » et non dans les médias ou sur les réseaux sociaux. La responsabilité éventuelle des différents accusés reste soumise à l’appréciation du Tribunal militaire.



