Affaire Collège De La Salle : La version des faits du père d’Ozanne

Deux semaines après le décès de sa fille, le père de l’élève décédée au collège De La Salle brise le silence.

Blaise Djouokep

Huit jours après l’interdiction du point de presse qu’il souhaitait tenir devant le collège De La Salle, Henri Moukoko, père d’Ozanne Moukoko, élève inscrite en classe de 5e dans cet établissement et retrouvée presque sans vie dans les toilettes dudit collège le vendredi 18 septembre 2026, brise le silence. Dans une communication rendue publique jeudi 1er octobre 2026, le père de la jeune fille revient sur les circonstances du décès de sa fille et livre sa version des faits.

Lorsqu’il dépose sa fille au collège, le matin du 18 septembre, Henri Moukoko n’imagine pas que ce sera la dernière fois qu’il la verra en vie. Jusqu’à ce que son téléphone sonne. « Aux environs de 17h07, j’ai reçu un appel du professeur titulaire de ma fille, qui m’informe d’un malaise qu’elle aurait eu et pour lequel elle avait été transportée à l’Hôpital Laquintinie de Douala pour une prise en charge médicale », écrit-il.

Profondément inquiet, Henri Moukoko se rend immédiatement à l’Hôpital Laquintinie. Chemin faisant, il contacte le préfet des études du collège, qui tente de le rassurer : « Elle est vivante ». À son arrivée à l’Hôpital Laquintinie, il se rend au service des urgences pédiatriques, où Ozanne avait été transportée. Il y retrouve le préfet des études, qui lui annonce alors l’irréparable : « Elle est passée ».

Le personnel médical lui soumet ensuite un document à signer, précisant, selon lui, qu’Ozanne était déjà décédée à son arrivée à l’hôpital. Le père de famille échange alors avec le personnel médical et sollicite une expertise. « Les échanges eus avec le responsable médical ayant examiné le corps de mon enfant ont conduit à la révélation selon laquelle du sperme frais a été retrouvé sur son corps, lequel présentait également des traces d’agressions vaginale et anale. Bien plus, il m’a été révélé que de forts soupçons d’intoxication à des substances psychotropes émergent de l’examen de la dépouille », écrit Henri Moukoko.

Il précise par ailleurs : « Le médecin qui m’a appelé m’a reçu dans une salle, en présence de plusieurs témoins, notamment des agents de police, des gendarmes, d’autres médecins et des infirmiers. C’est devant eux, et non en aparté ni dans l’ombre, que ce médecin m’a donné les détails précis des observations faites sur le corps de ma fille. » Le père éploré tient également à écarter toute confusion avec le corps d’une autre jeune fille, sensiblement du même âge, qui se trouvait dans la même salle. « Cette jeune fille et la mienne n’ont jamais été examinées ensemble. J’insiste sur ce point parce que j’ai personnellement conditionné l’examen de ma fille par l’arrivée d’une parente à moi, médecin au sein de l’Hôpital Laquintinie », précise-t-il.

Avant d’ajouter : « Les constatations que j’évoque ci-dessus ont été faites sur ma fille. Prétendre à une confusion, comme tente malhonnêtement de le faire l’école, qui privilégie visiblement sa clientèle à la vie de ma fille, est simplement cruel, surtout venant de la part de religieux », rage-t-il. Henri Moukoko indique que ces éléments ont déjà été transmis au ministre des Enseignements secondaires lors de sa visite de condoléances à la famille. Il appelle désormais à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès de sa fille.