Annoncé au collège où sa fille a perdu la vie, le papa d’Ozanne ne s’est finalement pas rendu sur les lieux, pris d’assaut par une escouade de policiers.
Blaise Djouokep

Henri Moukoko ne s’est finalement pas rendu au collège De La Salle, comme annoncé dans le message envoyé aux rédactions de la ville de Douala. Bien avant 13 h, heure prévue pour l’arrivée du papa d’Ozanne Moukoko Essoe, la police avait déjà investi les lieux, occupant l’entrée principale du collège. La présence policière s’est renforcée au fil des minutes. Des pick-up et autres véhicules banalisés, bondés de policiers, sont progressivement arrivés sur les lieux. Une centaine de policiers étaient présents.
En face, une quarantaine de journalistes avaient fait le déplacement pour écouter le père de la défunte élève du collège De La Salle. À 13 h 30, la police a intimé l’ordre aux vendeurs installés en face du collège et aux hommes de médias de quitter les lieux. Peu après, les journalistes ont été informés qu’Hervé Moukoko, le papa d’Ozanne Moukoko Essoe, ne viendrait plus.
Sur l’absence du papa de la défunte au collège, comme il l’avait lui-même annoncé, une source proche de la famille lâche : « La police a interdit la tenue de cette rencontre. » Une rencontre avec la presse qui devait se tenir cinq jours après la disparition de l’élève, inscrite en classe de 5e dans cet établissement. La famille, qui porte le deuil, attend toujours des explications sur les circonstances exactes du décès de leur fille. Du côté de l’établissement scolaire, c’est silence radio. Aucune communication du collège depuis le début de cette affaire.
Les circonstances de la mort d’Ozanne restent floues. La famille attend les conclusions de l’enquête ouverte, avec une conviction. « On ne sait pas s’il y a du nouveau. On présume que, même si c’est le cas, nous ne serons informés qu’à la fin de l’enquête. Mais nous savons que l’enfant aurait subi des violences sexuelles. C’est ce que nous a dit le personnel médical à son arrivée à l’hôpital, où elle a été déclarée décédée », confie un membre de la famille, sous couvert d’anonymat.
Les investigations se poursuivent, mais se heurtent à un obstacle majeur : la défaillance du système de vidéosurveillance. Selon nos informations, la caméra située à l’entrée des toilettes des filles, dont les images auraient pu éclairer l’enquête, est hors service depuis un an. « L’établissement avait, l’année dernière, demandé à un technicien de faire un devis pour sa réparation. Le devis s’élevait à plusieurs millions de F cfa. Il n’a pas été validé et, depuis, la caméra n’a pas été réparée », renseigne un parent d’élève.
Une situation qui devrait être corrigée au plus tard vendredi, conformément aux instructions données par le délégué régional des Enseignements secondaires lors de la réunion de lundi. La famille reste dubitative. « Nous n’avons pas les moyens de savoir si cette caméra fonctionnait ou non au moment des faits », s’offusque un proche.
Aînée d’une fratrie de deux enfants, Ozanne Moukoko Essoe laisse un petit frère et une famille effondrée, qui ne demande qu’une chose : que toute la lumière soit faite.



