Nkomo : Le risque d’un nouvel éboulement

Après l’éboulement qui a fait quatre morts le 16 septembre 2026, plusieurs habitations restent exposées à un risque de glissement de terrain.

Rebara Habra

 Attention !!

À Okui, au quartier Maetur Nkomo, dans l’arrondissement de Yaoundé 4e, la terre ne rassure plus. Depuis l’éboulement qui a coûté la vie à quatre membres d’une même famille, le moindre mouvement du sol est observé avec inquiétude. Ici, certaines maisons sont adossées à des talus de terre qui pourraient, à nouveau, céder.

Le 28 septembre 2026, les traces du drame restent encore visibles. Les terrains en pente entourent les habitations. Par endroits, la terre semble retenue à quelques mètres des maisons seulement. Des murs et des constructions se dressent au pied de ces talus, parfois sans véritable ouvrage de soutènement. Pour les habitants, la crainte d’un nouvel éboulement n’est pas dissipée. « Ici, beaucoup de maisons ne respectent pas les normes », constate Enock, maçon dans le quartier. Selon lui, certaines constructions ont été réalisées avec des matériaux et des dosages qui ne garantissent pas suffisamment leur solidité.

Il cite notamment la maison récemment effondrée. « Elle était construite avec du fer de 8. Le dosage du ciment n’était pas consistant. Si on avait respecté les normes, la dalle allait résister », explique-t-il. Pour ce professionnel du bâtiment, ces choix peuvent fragiliser les ouvrages, particulièrement sur des terrains déjà instables. À Okui, le problème dépasse une seule habitation. Plusieurs maisons ont été construites sur ou au pied de terrains en pente. Certaines sont directement soutenues par des masses de terre qui peuvent glisser sous l’effet des pluies.

La configuration du quartier accentue les inquiétudes. « Lorsque les eaux de pluie s’infiltrent dans le sol, elles peuvent contribuer à déstabiliser les terrains  », ajoute le technicien. Pour l’instant, le drame du 16 septembre 2026 reste dans les esprits. L’éboulement avait emporté quatre membres d’une même famille. Depuis, les habitants vivent avec cette image et regardent autrement les talus qui bordent leurs maisons.