Yaoundé : Quatre morts dans un éboulement de terrain

Les quatre personnes ensevelies lors de l’éboulement survenu le 16 septembre 2026 à Yaoundé appartenaient à une même famille.

Rebara Habra

La famille inconsolable

Au lieudit « Okui », au quartier Nkomo, dans l’arrondissement de Yaoundé 4e, le silence pèse encore sur le lieu de l’éboulement survenu le 16 septembre 2026. La terre, détrempée par les pluies de la veille, porte encore les traces du glissement qui a emporté quatre membres d’une même famille.

Là où se dressait leur maison, des amas de boue, de bois et de tôles témoignent de la violence du glissement de terrain. Avec l’aide des voisins, le 17 septembre, les survivants tentent de récupérer quelques affaires ensevelies. Des marmites, des vêtements, des ustensiles de cuisine, un réfrigérateur, deux téléviseurs brisés. Parmi les effets retrouvés, deux sacs à dos. Ils appartenaient à Albert Nkombé Noubaloa et Christian Noubaloa, deux des enfants de Christian Lewis Noubaloa décédés. 

Albert Noubaloa avait 11 ans. Il venait de faire ses premiers pas au secondaire, en classe de 1ère année, le 7 septembre dernier. Il fréquentait le lycée technique d’Ekounou, situé juste derrière la maison familiale. Son frère Christian était en cours élémentaire 2. Leur mère est également décédée dans l’éboulement. « Il y avait aussi la femme de mon oncle qui était en visite chez moi. Elle est aussi décédée. J’ai tout perdu. Je dois recommencer la vie à zéro. Je suis souffrant, c’est ma défunte épouse qui me soutenait. Voilà qu’elle est partie dans ces circonstances », explique, la voix brisée, Armand Noubaloa.

Le père, rescapé, reste sur place avec sa fille aînée. Le regard perdu, il observe les débris qui ont englouti sa femme et deux de ses enfants. « La fille aînée a eu de la chance. Elle était allée à la boutique. C’est après son départ que le malheur s’est produit. Les enfants de mon beau-frère étaient chez le voisin. Sinon, tous partaient aussi », ajoute-t-il.

Autour de lui, proches, voisins et curieux se relaient. Certains restent sous le choc. D’autres sont venus apporter leur soutien ou participer aux recherches. Le drame s’est produit dans l’après-midi du 16 septembre 2026, après la pluie. « Le drame s’est produit après la pluie, aux environs de 15 h. Malgré l’intervention des voisins, on n’a pas pu sauver les enfants. Les sapeurs-pompiers sont arrivés autour de 17 h. Ils ont travaillé jusqu’à 2 h le lendemain pour extraire les corps », confie Kombé Ngonda, la mère d’Armand.

Sur les causes de l’éboulement, les regards se tournent vers le lycée technique d’Ekounou, situé à proximité. « Le proviseur a creusé une fosse derrière la maison pour verser les ordures du lycée. L’eau y stagnait depuis l’année dernière. C’est ce qui a causé l’effondrement. Le proviseur n’est même pas venu nous voir », déplore la mère de la défunte. Les corps des victimes ont été transportés à la morgue.