En fuite depuis le 19 octobre 2026, Mbenoun Simon Redondo, âgé de moins de 30 ans, a été arrêté dimanche 1er novembre dans le département du Moungo. Son complice présumé reste recherché.
Lazare Kingue

La traque des présumés meurtriers du jeune Ebale, acheteur de cacao dont le corps en décomposition avait été découvert le 21 octobre près d’un marécage à Akok, dans l’arrondissement d’Akom II, connaît une première avancée. L’un des deux suspects a été interpellé dimanche 1er novembre 2026 dans une buvette de fortune à Souza, dans le département du Moungo.
Âgé de moins de 30 ans, Mbenoun Simon Redondo a opposé une résistance physique avant d’être maîtrisé par des riverains, qui ont alerté les éléments de la brigade de gendarmerie locale. Il a ensuite été conduit à la Compagnie de gendarmerie de Mbanga pour les besoins de l’enquête.
Selon des sources sécuritaires concordantes, cette arrestation a été facilitée par le réseau d’investigation parallèle mis en place par Belle Épée Wilhelm. Collaborateur du Complexe Agro Pastoral de Bissono (Capabi) depuis 2010 et figure connue à Akok, celui-ci avait recruté les deux ouvriers soupçonnés d’être impliqués dans ce crime. Il a contribué à leur localisation après la découverte, chez Ateba Ngollo Théodore, à Kompina, d’une partie du matériel dérobé dans la maison de la maire d’Akom 2.
Le second suspect, Ateba Ngollo Théodore, fils du chef du village Kompina, demeure activement recherché par les deux compagnies de gendarmerie mobilisées dans cette affaire. Son épouse a déjà été entendue par les enquêteurs. Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir tendu un guet-apens à Ebale en lui faisant croire qu’ils détenaient une cargaison de cacao à vendre, avant de le tuer et de lui dérober sa moto.
Implication
Contrairement aux informations publiées dans notre précédente édition, qui associaient le nom de la maire d’Akom II à ce crime, les premiers éléments de l’enquête ne font état d’aucun lien entre l’élue, Elisabeth Mballa Meka, et les faits. Elle ne serait notamment à l’origine d’aucun litige salarial avec les deux suspects.
Jointe par notre rédaction alors qu’elle se remet d’un grave accident de circulation survenu début octobre, la maire a fermement rejeté toute implication et dénoncé une récupération politique de l’affaire. « Je voudrais déplorer le fait que, sans des faits avérés, vous ayez publié un article qui associe gratuitement mon nom à un crime crapuleux dans une sauce aux relents de récupération politique », a-t-elle regretté. Elle a également précisé que la victime, Ebale, était un jeune parent issu de la famille maternelle de son père.
Pour étayer ses déclarations, l’édile a présenté le dernier reçu de paiement des ouvriers, daté du 9 octobre 2026 à 15h20 et signé contre décharge devant un policier en faction au contrôle mixte d’Akok. « Je n’ai jamais eu aucun litige salarial avec quiconque », a-t-elle insisté, rappelant que la Capabi, créée il y a 16 ans, n’avait jamais connu de conflit de cette nature.
Suspect
La maire affirme avoir elle-même été victime des deux fugitifs présumés. Le dimanche 18 octobre, elle avait été informée du cambriolage de sa résidence au village. Un lit, un matelas, une bouteille de gaz et une valise contenant des effets personnels avaient été emportés. Une partie de ce matériel a été retrouvée le mercredi 21 octobre au domicile d’Ateba Ngollo Théodore par le commandant de Bonaléa. C’est également ce jour-là que le corps sans vie d’Ebale a été découvert. « Que vaut le matériel face à la perte d’une vie ? », s’est interrogée Elisabeth Mballa Meka. Sur les informations faisant état d’une menace ambazonienne à Akom II, elle se montre tout aussi catégorique : « Non, Akom II n’est pas sous la menace ambazonienne. Ce sont des élucubrations de frustrés politiques. Ceux qui y voient des similitudes avec le NOSO sont dans leur film ».
Au village Akok, l’émotion reste vive. Originaire d’Afanoveng, dans l’arrondissement de Nyete, à 27 kilomètres d’Akok, Ebale avait disparu depuis le 19 octobre, après s’être rendu à moto pour acheter du cacao. Son corps avait été retrouvé près d’une plantation de la Capabi, dans des circonstances qui ont profondément bouleversé la localité.
L’interpellation de l’un des suspects à Souza constitue une avancée dans cette affaire. Les populations attendent désormais l’arrestation de son présumé complice afin que toute la lumière soit faite sur ce meurtre. De son côté, la maire plaide pour un renforcement durable du dispositif sécuritaire, notamment en prévision du futur projet routier qui devrait entraîner une circulation accrue des personnes et des biens.


