Aéroport international de Douala : Un policier et une gendarme en spectacle

 Diffusée depuis le 27 octobre soir , la vidéo de cette altercation devenue virale laisse entendre qu’un différend lié au stationnement est à l’origine de leur accrochage.

Lorine Claudia Agnang 

C’est depuis la soirée du mardi 27 octobre 2026 que la vidéo fait le tour de la toile. Elle met en scène un policier et une gendarme dans une vive altercation pour une histoire de stationnement. D’un ton ferme, celle que les internautes ont identifiée comme la capitaine Olive Diane Semboung Louba, commandant de compagnie de gendarmerie de l’aéroport international de Douala, intime l’ordre à l’officier de police de 2e grade de déplacer son véhicule. La réplique ne se fait pas attendre : « Je n’enlève pas ! »

Une résistance qui irrite au plus haut point la gradée. S’avançant menaçante vers la voiture, elle rétorque : « Vous êtes qui ? Vous voulez mépriser qui ? Parce que vous avez vu une jeune fille ? Ici, c’est la compagnie aéroport. C’est moi qui commande ici, pas vous ! »

Loin de se laisser impressionner, le fonctionnaire de police monte le ton : « Ce que tu cherches, tu vas l’avoir. Un seul coup de poing, je te mets K.O. » Alors que la gendarme menace de saisir le supérieur du policier, un commissaire de police surgit pour tempérer les esprits. En vain. Intransigeante, la capitaine assène : « […] Qu’il retire son véhicule. Sinon, on va faire un scandale ici. Le Premier ministre ne passe même plus ! » Une sortie impliquant le chef du gouvernement qui arrache des exclamations de surprise aux témoins de la scène.

« Finalement, le Premier ministre est devenu la chose la moins chère de tout le monde dans ce pays ? », s’interroge un internaute dans les commentaires sur Facebook. De son côté, l’officier de police tente de justifier sa posture dans la vidéo : « Quelqu’un arrive à son heure, elle dit qu’elle veut imposer ? Quand j’étais ici, sous la pluie, pour faire passer le cortège, toi, tu étais où ? »

Entre indignation générale et messages de soutien à la gendarme, chacun y va de sa sensibilité. L’actrice camerounaise Blanche Bana fait partie des personnalités ayant réagi publiquement  sur le sujet. Dans l’une de ses publications, elle s’interroge : « Ma sœur, le “Tu vas me faire quoi ? Tu es qui ? Essaie seulement !” était-il vraiment nécessaire ? Je me pose quand-même une question : si c’était un homme qui avait eu un comportement aussi violent envers une femme, est-ce qu’on serait en train d’en rire aujourd’hui ? Ou bien les réseaux sociaux seraient-ils déjà en ébullition avec des milliers de commentaires pour dénoncer les violences faites aux femmes ? »

L’artiste humoriste Moustik le Karismatk a également réagi:  « Les paroles et les actes prennent souvent la connotation que leur donnent les esprits qui les perçoivent. Citer le Premier ministre était peut-être un peu déplacé, mais au regard de l’ambiance qui régnait, on peut comprendre que la métaphore ait été forte. J’ai assisté à plusieurs scènes où, simplement parce qu’une personne est une femme en tenue, le respect qui lui est dû est distribué au compte-gouttes. Pourtant, une fonction se respecte indépendamment de la taille, du sexe ou de la personne qui l’occupe. L’autorité ne se mesure ni à la corpulence ni au genre, mais aux responsabilités qu’elle implique. »

Si certains saluent la maîtrise apparente de l’officier de police face à la crise, une grande frange d’internautes déplore l’image écornée que renvoie cet incident du Cameroun à travers le monde.


Réaction

Asong Michael khumbah, homme politique : Les conflits entre les policiers et gendarmes doivent cesser

Le comportement de la capitaine et de l’officier de 2e grade est inacceptable dans une République sérieuse. Mais comme le régime pratique la méthode de diviser pour mieux régner les incidents pareils les arrangent pour créer plus de tensions entre les policiers et les gendarmes censés être de bonne moralité en tout lieu et moment pour mieux servir le peuple souverain et s’assurer de la bonne continuité et collaboration administrative entre les acteurs principaux. Ce qui manque énormément au Cameroun. 

J’estime que les deux n’ont pas valablement défendu leurs tenues et se sont rabaissés au plus bas niveau. Les conflits pareils ne devraient pas se régler à mondovision devant le peuple camerounais qui est déçu de leurs comportements à la limite barbares et infantiles.

Je sais qu’il y a toujours ce complexe et ce mépris entre les policiers et les gendarmes, les gendarmes qui considèrent les policiers comme des civils et les policiers qui ne se laissent pas faire en leur rappelant que c’est la même formation et qu’ils sont aussi au service du peuple pour assurer la sécurité des Camerounais.

Les deux, le policier et la gendarme doivent être sévèrement disciplinés, et une sanction plus sévère pour la capitaine qui devrait savoir mieux se maîtriser vu son rang. Un grand ne se comporte pas comme un petit, et lorsqu’un petit devient grand il ou elle doit toujours se rappeler qu’il ou elle doit davantage avoir une maîtrise de soi et savoir manager les choses avec beaucoup d’intelligence et sagesse associées à son statut et savoir manager grandeur.

Je pense déjà que pour mettre fin à des conflits d’hommes en tenues, l’Etat doit mettre fin aux chevauchements des compétences des policiers et gendarmes. En outre, tous les Camerounais doivent faire la formation militaire et je pense que le respect règnera. La méritocratie doit aussi être au centre de toutes les décisions d’affectation administrative et d’entrée dans les écoles de formation. Parfois la médiocrité aussi et la discrimination peuvent amener beaucoup à ne pas respecter l’hiérarchie. C’était comme si tu me demandes à moi, médecin de respecter le ministre de la santé qui n’est pas médecin, par contre en tant qu’avocat je respecterai le ministre de la justice et son délégué car ils sont magistrat et avocat. Et finalement la collaboration entre les hommes en tenues doit être encouragée par des actions visant à unir pour servir le peuple. 

En conclusion, la collaboration et le respect mutuel administratifs doivent être au centre de la gouvernance étatique. Les conflits entre les policiers et gendarmes doivent cesser. Les agents de l’Etat doivent savoir qu’ils doivent avoir un comportement correct digne de ce nom envers le peuple camerounais qu’ils ont l’obligation de servir.