
Ouvert le 07 octobre 2026 au Palais des congrès de Yaoundé, un colloque de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Cnpbm) met en débat le rôle des religions dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Cameroun. Les travaux, qui se poursuivent jusqu’au 11 octobre, portent sur le thème : « Les religions et la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Cameroun ». L’initiative intervient dans un contexte où les faits religieux, généralement perçus comme des facteurs de paix et de solidarité, peuvent aussi, dans certaines circonstances, devenir des sources de tensions. Pour la Cnpbm, l’enjeu est donc de mieux cerner les dérives, les pratiques fanatiques et les interprétations décontextualisées des textes religieux susceptibles d’alimenter l’exclusion, la radicalisation ou les conflits communautaires.
À l’ouverture, le président de la Commission, Peter Mafany Musonge, a rappelé que la religion reste, dans la majorité des cas, « un puissant vecteur de paix, de solidarité, de cohésion sociale et d’action humanitaire ». Mais cette fonction positive ne doit pas occulter les menaces qui peuvent naître de certaines pratiques. « Malheureusement, cette vision a été ébranlée », a-t-il constaté, évoquant les situations où la religion a contribué à fragiliser la coexistence pacifique. Ce colloque entend, notamment, éclairer les participants sur l’histoire des religions et les conséquences des conflits religieux, analyser les mécanismes d’instrumentalisation des croyances et dresser une cartographie des associations et mouvements religieux présents au Cameroun.
Au terme des travaux, la Commission ambitionne de disposer de recommandations destinées aux pouvoirs publics, mais aussi d’un plan d’actions global et d’un plan prioritaire pour prévenir les conflits à caractère religieux. Une démarche qui s’inscrit dans l’axe de la Snd-30 consacré à la promotion du bilinguisme, du multiculturalisme et de la citoyenneté. Pour Peter Mafany Musonge Musonge, le risque apparaît lorsque « certaines pratiques religieuses » nourrissent des postures d’exclusion et de supériorité. D’où l’urgence, selon lui, de préserver la religion comme force de rapprochement plutôt que comme facteur de fracture.



