Rdpc : Le torchon brûle dans le Mfoundi

Le chef de la délégation permanente départementale du parti, Laurent Serge Étoundi Ngoa, sous le feu des critiques après des nominations controversées en lien avec les investitures pour les prochaines législatives et municipales.

Jean De Dieu Bidias

 

Le feu couve et menace d’embraser le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans le Mfoundi. Après le désaveu de Gilbert Tsimi Evouna et les réserves exprimées par Jean Nkueté sur sa note du 31 août dernier portant désignation de superviseurs et chargés de mission, Laurent Serge Étoundi Ngoa n’a pas reculé. Le chef de la délégation permanente départementale du parti dans la capitale est l’objet d’une grogne pour avoir maintenu les personnalités qu’il avait désignées pour accompagner les présidents de section dans la préparation des prochaines investitures au cœur de ce dispositif fortement contesté. Trésorier national et patron régional du parti dans le Centre, Gilbert Tsimi Evouna avait publiquement demandé à son départemental de surseoir à l’application de sa décision, soutenu dans cette démarche par le secrétaire général du comité central, Jean Nkueté, pour qui ladite décision s’éloignait des orientations données par la hiérarchie du parti lors du « séminaire stratégique » consacré à la préparation des prochaines élections. Nommé en avril 2025 à la tête de la délégation permanente départementale du Mfoundi, en remplacement de Gilbert Tsimi Evouna promu à la régionale, Laurent Serge Étoundi Ngoa est en effet soupçonné d’utiliser sa nouvelle position à des fins de règlement des comptes politiques.

Il aurait juré de mettre à l’écart, lors des investitures attendues, tous les élus actuels du parti dans le département. Les rumeurs qui bruissent dans les couloirs créent de la crispation dans un contexte politiquement délicat pour le parti au pouvoir. À l’issue de la présidentielle du 12 octobre 2025, son candidat, Paul Biya, a obtenu officiellement 53,66% des suffrages au niveau national. Dans le Mfoundi, il n’a recueilli que 45,92% des suffrages valablement exprimés. Le département siège des institutions de la République a ainsi enregistré un résultat nettement inférieur à la moyenne nationale du candidat du parti. Ce résultat inquiète dans les rangs du parti et amène à se demander si l’appareil local a tiré les leçons de ce dernier scrutin présidentiel et s’il s’est suffisamment préparé pour les législatives et municipales annoncées pour début 2027. Le parti n’est en réalité sûr de rien dans le Mfoundi aujourd’hui, et les prochaines investitures constituent un test grandeur nature de sa capacité à restaurer la cohésion de ses troupes.

Composantes sociologiques

Plusieurs cadres locaux évoquent un mode de management peu concerté et s’interrogent sur la volonté prêtée à Laurent Serge Étoundi Ngoa de renouveler en profondeur la classe politique locale. Ils se demandent surtout si le changement voulu peut s’opérer sans concertation avec les structures de base et les responsables locaux. Pour une frange des cadres, le mauvais résultat de la dernière présidentielle aurait dû provoquer une remise à plat plus visible de la stratégie du parti dans le département. Ils déplorent, depuis le scrutin, l’absence d’une véritable séquence de remobilisation politique à la hauteur du revers enregistré dans les urnes. Certains disent ouvertement avoir l’impression que le chef de la délégation permanente départementale n’a pas suffisamment pris la mesure du résultat de 2025 et lui reprochent de faire peu cas   de de la question du respect des équilibres locaux. Or,  pour eux, il devrait s’appuyer davantage sur les présidents de section, les élus et les différentes composantes sociologiques du département.

Après le désaveu de Gilbert Tsimi Evouna et les réserves exprimées par Jean Nkueté sur sa note du 31 août dernier portant désignation de superviseurs et chargés de mission, Laurent Serge Étoundi Ngoa n’a pas reculé. Le chef de la délégation permanente départementale du parti dans la capitale est l’objet d’une grogne pour avoir maintenu les personnalités qu’il avait désignées pour accompagner les présidents de section dans la préparation des prochaines investitures au cœur de ce dispositif fortement contesté. Trésorier national et patron régional du parti dans le Centre, Gilbert Tsimi Evouna avait publiquement demandé à son départemental de surseoir à l’application de sa décision, soutenu dans cette démarche par le secrétaire général du comité central, Jean Nkueté, pour qui ladite décision s’éloignait des orientations données par la hiérarchie du parti lors du « séminaire stratégique » consacré à la préparation des prochaines élections. Nommé en avril 2025 à la tête de la délégation permanente départementale du Mfoundi, en remplacement de Gilbert Tsimi Evouna promu à la régionale, Laurent Serge Étoundi Ngoa est en effet soupçonné d’utiliser sa nouvelle position à des fins de règlement des comptes politiques.

Il aurait juré de mettre à l’écart, lors des investitures attendues, tous les élus actuels du parti dans le département. Les rumeurs qui bruissent dans les couloirs créent de la crispation dans un contexte politiquement délicat pour le parti au pouvoir. À l’issue de la présidentielle du 12 octobre 2025, son candidat, Paul Biya, a obtenu officiellement 53,66% des suffrages au niveau national. Dans le Mfoundi, il n’a recueilli que 45,92% des suffrages valablement exprimés. Le département siège des institutions de la République a ainsi enregistré un résultat nettement inférieur à la moyenne nationale du candidat du parti. Ce résultat inquiète dans les rangs du parti et amène à se demander si l’appareil local a tiré les leçons de ce dernier scrutin présidentiel et s’il s’est suffisamment préparé pour les législatives et municipales annoncées pour début 2027. Le parti n’est en réalité sûr de rien dans le Mfoundi aujourd’hui, et les prochaines investitures constituent un test grandeur nature de sa capacité à restaurer la cohésion de ses troupes.

Composantes sociologiques

Plusieurs cadres locaux évoquent un mode de management peu concerté et s’interrogent sur la volonté prêtée à Laurent Serge Étoundi Ngoa de renouveler en profondeur la classe politique locale. Ils se demandent surtout si le changement voulu peut s’opérer sans concertation avec les structures de base et les responsables locaux. Pour une frange des cadres, le mauvais résultat de la dernière présidentielle aurait dû provoquer une remise à plat plus visible de la stratégie du parti dans le département. Ils déplorent, depuis le scrutin, l’absence d’une véritable séquence de remobilisation politique à la hauteur du revers enregistré dans les urnes. Certains disent ouvertement avoir l’impression que le chef de la délégation permanente départementale n’a pas suffisamment pris la mesure du résultat de 2025 et lui reprochent de faire peu cas   de de la question du respect des équilibres locaux. Or,  pour eux, il devrait s’appuyer davantage sur les présidents de section, les élus et les différentes composantes sociologiques du département.

 

Sélection des candidats

Jean De Dieu Bidias

La question est d’autant plus sensible que le Mfoundi est un territoire électoral particulier, avec ses sept sections et une population politiquement diverse. En juillet 2025, Jean Nkueté avait justement insisté, lors d’une séance de travail avec les responsables du parti dans le département, sur la nécessité de mettre les différends de côté et de faire jouer pleinement aux présidents de section leur rôle dans la préparation électorale. La stratégie devrait être de gérer les investitures sans raviver les frustrations anciennes et, pour ses détracteurs, Laurent Serge Étoundi Ngoa est aujourd’hui trop isolé pour conduire seul cette opération. Ses proches contactés, eux, voient dans la contestation en cours la résistance habituelle des intérêts établis face à une volonté de renouvellement.

Un des chargés de mission qu’il a nommé dans sa décision qui crée la controverse estime même que toutes les tendances se retrouvent les superviseurs désignés par le chef de délégation départementale. Dans l’entourage du ministre Etoundi Ngoa, l’on tempère en indiquant que la controverse née de la décision du ministre n’est plus à l’ordre du jour. La décision prise par le chef de délégation départementale visait simplement à fluidifier l’animation du parti dans chaque arrondissement du Mfoundi. Elle ne vise nullement à favoriser ou défavoriser quiconque dans la perspective des prochaines élections. Le moment venu, il reviendra à la hiérarchie du parti de trancher sur le mode et les critères de sélection des candidats du Rdpc.