Violence en milieu scolaire et de formation : Cap sur l’élaboration d’un cadre de référence national 

A Douala, le ministère de l’Éducation de base et d’autres acteurs ont examiné un document qui a l’avantage de structurer une réponse commune et efficace à cette problématique. 

Michel Ferdinand

Depuis quelques années, le milieu scolaire et de formation au Cameroun est devenu le théâtre de diverses formes de violence. En réponse à la persistance de ce phénomène qui affecte l’ensemble de la société, le gouvernement a engagé, avec l’appui de ses partenaires, des « initiatives visant à prévenir et à combattre les différentes formes de violence en milieu scolaire et de formation, et à promouvoir un environnement éducatif inclusif, sain, sûr, protecteur et favorable aux apprentissages ». Au rang des mesures envisagées, figure la rédaction d’un document de stratégie nationale de lutte contre la violence en milieu scolaire et de formation, portée par le ministère de l’Éducation de base (Minedub), qui a fait l’objet d’un atelier organisé du 19 au 21 octobre 2026 à Douala. 

Une orientation gouvernementale qui entend, apprend-on, protéger l’enfant, promouvoir des valeurs morales, sociales et citoyennes, préserver la paix, la cohésion sociale et l’intégrité physique ou psychologique des apprenants afin d’améliorer la qualité de l’éducation et de la formation. Cet atelier de co-construction a réuni les ministères sectoriels (Minedub, Minesec, Minesup, responsables du secteur de la formation), des acteurs de la société civile et les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), dans le cadre du Partenariat mondial de l’éducation. Les acteurs de Douala ont ainsi examiné le projet de document qui leur a été soumis. « Nous pensons qu’un enfant qui va à l’école à l’âge de trois ans, a déjà un construit depuis sa famille. Il a d’abord une vie. Son premier milieu de vie, c’est l’utérus de sa mère. Son deuxième milieu de vie, c’est son environnement familial. Et c’est à trois ans qu’il va à l’école ayant déjà commencé une construction. Qui est cet enfant ? Qu’est-ce qu’il a consommé dans le ventre et même dans son second milieu de vie ? Est-ce que le milieu de vie qui l’a abrité pendant neuf mois ou celui qui l’a abrité pendant les trois premières années avant l’école est-il sécurisant, sain, sûr, protecteur ? » S’interroge Marguerite Enow, présidente-fondatrice de l’Ong Marguerita Holistic Health Center (M2HC).  

Responsabilités 

Avant de poursuivre : « Ou bien il a dû développer une violence silencieuse à la maison, et l’école n’a été qu’un lieu où se manifeste ce qui était silencieux ? Le milieu familial est l’un des environnements où, malheureusement, l’enfant peut développer des comportements violents ». Il faut désormais travailler à inverser la courbe, en adoptant une démarche « qui se veut holistique et multisectorielle », orientée par l’adresse à la jeunesse du président de la République, Paul Biya, le 10 février 2020, lorsqu’il a « appelé la communauté éducative à renforcer les mesures de lutte contre l’incivisme et la violence en milieu scolaire ». 

Au plan pratique, « l’élaboration du présent document s’inscrit donc dans la volonté de traduire ces orientations politiques en cadre stratégique national capable de fédérer les interventions cohérentes, de préciser les responsabilités institutionnelles et de promouvoir des actions concrètes, coordonnées et mesurables », explique Evelyne Ayukegba, directeur du sport et santé des activités post et périscolaires au ministère de l’Éducation de base, représentante de son ministre. Elle réitère par ailleurs qu’« il s’agit de passer d’interventions parfois dispersées à une politique nationale structurée, fondée sur une vision commune, des priorités clairement définies, des mécanismes et des moyens efficaces de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation ».

L’ambition, renchérit-elle, « est de disposer d’un cadre de référence national qui prenne en compte l’ensemble du continuum éducatif et de formation, depuis la petite enfance jusqu’à l’enseignement supérieur, en passant par les enseignements secondaire, technique et professionnel, ainsi que les autres structures et dispositifs de formation concernés ». Le document de stratégie attendu devrait être validé au plus tard le 31 décembre 2026, délai prescrit par le Premier ministre (Pm), Joseph Dion Ngute.