Venus de Mbambou, Mbongo, Édéa et Kienké, des ouvriers de la Socapalm ont aussi été édifiés sur le dialogue social, à l’occasion de la Journée mondiale du travail décent, organisée par la Csac.
Blaise Djouokep

Ils ont quitté les palmeraies de Mbambou, Mbongo, Edéa et Kienké pour une salle de conférences. Les ouvriers de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) sont venus écouter parler de leurs droits, à la faveur de la journée internationale du travail décent. Organisée par la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac), l’objectif de ces travaux était de démonter le concept de travail décent aux employés de la Socapalm pour le rendre concret, exigible.
D’entrée, le ton est donné par Joseph Mikou, président confédéral de la Csac , qui a insisté sur l’importance du travail décent. « Le travail décent n’est pas un slogan, ce n’est pas une publicité, c’est une réalité », assène-t-il, insistant sur le fait que les engagements signés à Yaoundé doivent se voir dans les champs, dans les contrats, sur les bulletins de paie.
A en croire Brice Ngolzok,le travail décent, dit-il, « est au cœur du développement même, au cœur de l’émergence ». Et de s’interroger. Et de s’interroger : « Où en est le Cameroun ? Quels effets pour le coupeur de régime de Mbambou ? » Il appelle à faire de cette journée non une célébration, mais une mobilisation. Représentant le Fonds national de l’emploi ( Fne), Ndassa Njoya, déballe les secrets et astuces de l’insertion professionnelle. Comment on entre, comment on reste, comment on se réinsère. Il présente également comment se fait le suivi après recrutement, l’auto-emploi. De quoi parler à une génération d’ouvriers qui veut voir au-delà de la palmeraie.
Citant des dispositions du Code du travail, et sur la protection sociale, Joseph Mikou partage des responsabilités. Il appelle les acteurs du monde du travail à jouer chacun son rôle, sans toujours tout attendre de l’Etat ou des syndicats. Autres aspects soulevés pendant ces travaux, la maternité, les charges familiales, l’égalité de traitement. Clémentine Zintsem, présidente du comité des femmes de la Csac ne parle pas de quotas, mais exige que les femmes ne soient plus les absentes des négociations collectives.
Le choix de la Socapalm se justifie par le fait que l’entreprise a joué la carte de la transparence. Sollicitée par la Csac, elle a permis à ses ouvriers d’y prendre part. Le Csac se dit satisfait de ce que la Socapalm a envoyés ses employés écouter dans un secteur agro-industriel souvent épinglé pour ses conditions de travail non respectées.



