Trafic d’ossements humains : Deux frères soupçonnés d’avoir profané une tombe

Après avoir exhumé le corps de leur cousin dans la région du Nord, les suspects auraient vendu une partie.

Dans le filet de la gendarmerie

Le contenu du sac de voyage avait de quoi alerter. À l’intérieur, des ossements humains. En octobre dernier, au quartier Ngousso, à Yaoundé, un homme est repéré en possession de ces restes humains. Alertés, les éléments du Service de recherches judiciaires et de lutte contre le grand banditisme de la première région de gendarmerie se rendent sur place. Le suspect est interpellé alors qu’il tente de vendre son étrange cargaison à un acheteur qui parvient à prendre la fuite. Les ossements sont saisis.

L’affaire ne s’arrête pas à cette interpellation. Entendu par les enquêteurs, le mis en cause affirme avoir exhumé le corps de son cousin, décédé deux ans plus tôt, avec l’aide de son frère. La profanation aurait eu lieu dans un village situé à huit kilomètres de Pitoa, dans le département de la Bénoué, région du Nord. Le duo aurait ensuite entrepris de commercialiser les restes du défunt. Le suspect explique avoir rejoint Yaoundé dans l’espoir de trouver des acheteurs.

Squelette

Selon le lieutenant Claude Mboutou Abessolo, chef du bureau de recherches judiciaires de la Première région de gendarmerie, la partie supérieure du squelette avait déjà été vendue à Garoua pour trois millions Fcfa. La partie inférieure devait être cédée au même prix. Un commerce macabre qui aurait rapporté plusieurs millions de francs cfa aux auteurs présumés.

La piste du complice conduit les enquêteurs jusqu’à Pitoa. Avec l’appui du commandant de la brigade de gendarmerie de cette localité, le frère du premier suspect est interpellé. Il serait également passé aux aveux. Pour les enquêteurs, les investigations doivent désormais permettre de remonter la filière et d’identifier les autres éventuels acteurs de ce trafic.

Le lieutenant Mboutou Abessolo indique par ailleurs que les ossements humains seraient recherchés par certains trafiquants de stupéfiants pour la fabrication d’une drogue connue sous le nom de « cailloux ». Le gramme de ce produit serait vendu autour de 5 000 Fcfa. Les deux suspects devraient être présentés au Tribunal de grande instance de la Bénoué, à Garoua. L’enquête se poursuit pour tenter de démanteler l’ensemble du réseau.