La tournée nationale s’est ouverte le 31 octobre 2026 dans les écoles, a annoncé les promoteurs en conférence de presse.
Michel Enony
Le projet « Théâtre à l’école, théâtre pour tous » lance sa tournée nationale du 31 octobre au 20 décembre 2026. Deux spectacles, 16 villes, et un objectif qui est celui de ramener le théâtre là où il manque le plus : à l’école. Le constat est simple pour son promoteur, Etoundi Zeyang : « L’école aujourd’hui forme l’intelligence mais oublie très souvent la sensibilité ». C’est pour combler ce déficit culturel que le projet « Théâtre à l’école, théâtre pour tous » voit le jour, avec pour ambition de rendre complémentaires l’action éducative et l’action théâtrale, pour instaurer dès la base une culture artistique. Pour cette saison 2026-2027, cinq régions ont été ciblées : le Centre, l’Est, l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord. Le coup d’envoi officiel a été donné hier, vendredi 30 octobre, à Yaoundé, lors d’une conférence de presse au monument de la Réunification.
Pour les plus petits, de la maternelle au primaire, « Les Fourberies de Mangetou » seront au menu. Sur scène, l’histoire d’une lettre qui arrive au village. Personne ne peut la lire, car personne n’est allé à l’école. Il n’y a que Mangetou, le rusé, qui peut déchiffrer le courrier. Autour de cette fameuse lettre s’enchaînent intrigues et rires. Une manière ludique d’interroger l’analphabétisme et le pouvoir du savoir. Les plus grands, par contre, collégiens et lycéens, iront « Au-delà de la mer ». Une création Suède-Cameroun portée par le Théâtre du Chocolat et celui d’Albatros. Le propos est plus politique et actuel. La pièce raconte le parcours d’un jeune Africain qui, après la mort du frère de son ami Étoundi, causée par de gros bateaux de pêche illégale, décide d’aller travailler aux Nations Unies pour y porter la voix des démunis. Un spectacle qui parle de pillage des ressources, de souveraineté et de désillusion.
Le projet joue à fond la carte de la décentralisation culturelle. Le mécanisme est double : dans les chefs-lieux de région, des séances tout public le week-end, et dans les autres villes, des séances scolaires organisées en partenariat direct avec les établissements. L’itinéraire est donc dense et symbolique. Après Yaoundé le 8 novembre et Douala le 22 novembre, la troupe mettra le cap à l’Est avec Abong-Mbang, Garoua-Boulaï et Bertoua. Elle remontera ensuite vers l’Adamaoua (Meiganga les 2 et 3 décembre, puis Ngaoundéré le 5 décembre et Ngaoundaba le 6 décembre, avant de sillonner le Grand Nord, de Figuil à Kaélé, en passant par Maroua, pour une clôture le 19 décembre à Garoua. Un pari audacieux , qui consiste à prouver que la culture artistique peut s’enseigner dès la base et que le théâtre lui, a toute sa place sur les bancs de l’école.


