Accroissement des recettes, réduction de la fraude, hausse de 14% du nombre de branchements, sont quelques-uns des progrès réalisés par l’entreprise après 5 mois.
Blaise Djouokep

156 jours après sa prise de fonction, le nouveau management de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) installé le 05 mai 2026 était attendu sur plusieurs chantiers : la gouvernance, la dette et les financements, l’accroissement des revenus, la réduction des dépenses, la qualité de service ainsi que la digitalisation et transformation. Au cours de la première visite d’évaluation effectuée à Douala, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a été édifié sur les progrès enregistrés et les difficultés rencontrées.
Concernant la gouvernance, Socadel a procédé à sa mise en conformité avec les exigences des entreprises publiques ainsi qu’au renforcement de la gouvernance et du contrôle interne. Au rang des réalisations : la mise en place des organes de gouvernance ; l’adoption de nouvelles règles d’achats et d’application des procédures de passation des marchés ; le renforcement de la gouvernance financière ; la finalisation en cours de la mise en place du cadre de concertation Edc/Sonatrel/Socadel
S’agissant du redressement financier, la dynamique de redressement des finances de Socadel a porté prioritairement sur la mobilisation du marché bancaire national, l’engagement des audits et des actions d’optimisation des dépenses et le renforcement des opérations de recouvrement et de lutte contre la fraude. Par ailleurs, Socadel a signé le 1er juillet 2026 avec General Bank of Cameroon, un mandat d’arrangement et de levée de fonds en vue de mobiliser 60 milliards Fcfa sur le marché bancaire. Ces ressources financeront des investissements prioritaires en production, distribution et commercialisation destinés à améliorer la qualité du service électrique.
Des actions ont aussi été menées en faveur du renforcement des opérations de recouvrement et de lutte contre le vol de l’électricité. Résultats : la moyenne mensuelle des encaissements liés à la lutte contre la fraude entre mai et juillet 2026 est en hausse de 26% par rapport à la moyenne mensuelle enregistrée entre janvier et avril 2026.
Branchements
Le rythme de branchement de nouveaux clients s’est accru depuis la reprise des activités par Socadel comparativement aux performances des 4 premiers mois de l’année. « Dès avril 2026, le nombre de branchements réalisés est passé de 9 632 à 11 019 branchements en juillet de la même année, soit une progression de 14%. La tendance de 11 000 branchements par mois se poursuit. Ce qui permet à ce jour de porter le nombre de foyers et commerces raccordés au réseau Socadel à 2,431 millions, dont plus de 400 000 qui ont bénéficié de la facilité Perace », note le Dg de Socadel.
De même, 1 090 654 foyers et commerces raccordés sont connectés avec un compteur prépayé, soit 44,85% du parc global qui est de 2 431 711 précisément à fin septembre 2026.
Gaston Eloundou Essomba : Socadel collecte mensuellement 32 milliards Fcfa
Réaction du Minee au terme de la visite d’évaluation des performances de la Socadel.
Blaise Djouokep

Le secteur de l’électricité est un secteur essentiel pour la vie des populations, pour l’industrialisation de notre pays, pour le développement économique. Et la Socadel est au centre du système électrique du Cameroun parce que c’est elle qui collecte l’ensemble des revenus du secteur et qui les redistribue aux principaux acteurs de ce secteur. La mauvaise santé de la Socadel a donc un impact sur l’ensemble du secteur de l’électricité. Le chef de l’État, en décidant de la renationalisation de cette entreprise, voulait tout faire pour redresser ce secteur.
Au moment de la prise de fonction du nouveau management, un plan de redressement leur a été confié pour améliorer le niveau de revenus du secteur qui collectait une trentaine de milliards, alors que les charges étaient autour de 42, 43, 44 milliards. Donc, un déficit structurel de 13 milliards Fcfa tous les mois, qui est à l’origine de tous les impayés auxquels le secteur fait face. Cela a un impact sur la qualité de service.
Il est donc question, à travers la renationalisation, de renouer avec les investissements dans la production, dans le transport et la distribution. Ce plan de redressement a donc pour vocation d’améliorer le niveau de revenus avec la lutte contre la fraude. Il faut aller les chercher à travers l’élargissement de la base clientèle, recruter de nouveaux clients à travers les efforts en matière de recouvrement, avec la migration des compteurs post-payés vers le prépayé.
Toutes ces actions ont été confiées. Ces axes d’intervention ont été confiés à la Socadel. Nous sommes donc venus pour procéder à une première évaluation. Est-ce que la qualité de service est améliorée de manière progressive ? Il y a encore beaucoup de plaintes, ça veut dire qu’il y a beaucoup à faire à ce niveau-là.
Est-ce que, depuis la renationalisation, le niveau de revenus a augmenté ? Oui. De manière progressive. De 30 milliards Fcfa, l’entreprise collecte mensuellement 32 milliards Fcfa. Donc, ce sont 2 milliards Fcfa gagnés. Est-ce que les factures de tous les principaux acteurs sont entièrement payées ? Nous disons non, mais les efforts sont faits pour augmenter.
Nous constatons donc que les débuts peuvent être difficiles mais il y a un début de mise en œuvre qui commence à produire des résultats même si cela demeure timide. Il était de notre devoir de galvaniser les équipes, de leur demander d’accélérer. Il était également de notre devoir d’identifier tous les points faibles, tous les goulots d’étranglement, tous les problèmes qui peuvent entraver la mise en œuvre efficace de ce plan de redressement et voir quelles sont les actions fortes que le gouvernement devrait mettre en œuvre pour accompagner la Socadel et faire réussir ce plan de redressement.
Socadel : La feuille de route
Blaise Djouokep
Le premier axe portait sur le refinancement de la dette financière. Il s’agissait d’engager avec les banques locales la conversion des prêts et découverts en emprunts amortissables sur une période plus longue, avec, à la clé, une économie mensuelle de 2,5 milliards Fcfa sur le capital et de 200 millions Fcfa sur les intérêts.
Le deuxième axe concernait la lutte contre la fraude, dont les pertes commerciales sont estimées à plus de 60 milliards Fcfa par an. L’objectif visé ici étant de rechercher un gain d’environ 500 millions Fcfa par mois, un point détaillé était attendu sur la stratégie de lutte contre la fraude et les gains mensuels déjà enregistrés depuis le mois de mars. Un accent était également attendu sur l’implémentation des contrat d’accès temporaires.
Le troisième axe visait le raccordement des industriels, ainsi que la conversion du post-payé au prépayé. S’agissant du raccordement des industriels, il était question de capter près de 150 MW et à générer près de 4 milliards Fcfa de recettes additionnelles mensuelles. Un éclairage était attendu sur le calendrier de réalisation et sur les clients d’ores et déjà identifiés.
Pour ce qui est de la conversion du post-payé au prépayé. Sur un parc de 1 334 908 compteurs concernés, la migration de 50 000 unités est programmée en 2026. Elle doit assurer une avance de trésorerie de 200 millions Fcfa par mois, ainsi qu’une réduction de 20 millions Fcfa mensuels des charges de relève et de distribution des factures.
Le quatrième axe portait sur le règlement régulier des factures et des arriérés des entités publiques. L’État s’est engagé à traiter la facture d’électricité à l’égal des salaires pour les établissements publics, et par retenue à la source pour les entreprises publiques. Ces dispositions doivent procurer au moins 2 milliards de Fcfa par mois.
Le cinquième et dernier axe avait trait à la maîtrise des coûts opérationnels. Les charges compressibles (assistance technique), identifiées avec précision, devaient être ramenées de 7 à 3,5 milliards Fcfa par an, soit un gain mensuel de l’ordre de 300 millions Fcfa.



