Sergeo Polo : Je veux redonner vie au Makossa

L’artiste musicien présente les contours de la création de son maxi single dont le titre phare est « Makom ma bobé ».

Blaise Djouokep

Vous venez de mettre sur le marché discographique un maxi single dont le titre phare « Makom ma bobé »  tourne en boucle dans les chaumières. À quoi renvoie le titre « Apparence » de ce maxi single ?
 
« Apparence » nous renvoie aux réalités que nous vivons au quotidien. Les gens que nous fréquentons, qui nous entourent, ne sont pas toujours vrais. Ils nous montrent une facette et, au fond, on découvre beaucoup d’hypocrisie, de jalousie, de haine, de méchanceté. « Apparence », ce n’est pas forcément pour régler des comptes, mais pour attirer l’attention sur ces maux qui animent notre quotidien.
 
Combien de temps vous a-t-il fallu pour créer ce maxi single ?
 
Sergeo Polo prend beaucoup de temps pour travailler. Je j’enchaîne pas vraiment les chansons. Cela m’a pris deux ans pour préparer « Apparence ». Je commence toujours par travailler tout seul. Je fais une pré-maquette. Puis je fais une maquette normale que je propose à l’arrangeur. Dans ce maxi single, j’ai travaillé avec un arrangeur ivoiro-béninois. Nous avons travaillé pendant deux ans. Je voulais certaines sonorités makossa, qu’on avait perdues depuis de nombreuses années.
« Makom ma bobé » et ce maxi single annoncent-ils un virage dans votre projet, ou une action à venir ?
Ce n’est pas du tout un virage. Sergeo Polo reste fidèle à ses rythmes. La chanson que tout le monde appelle aujourd’hui « Makom ma bobé » a pour vrai titre « Maninga Mabê ». C’est en lingala et ça veut dire « mauvais amis ».
 
C’est une chanson écrite et composée par un doyen qui s’appelle Daniel Ndohè Mbassi. Il l’a composée en 1975, déclarée à la Sacem en 1976 et sortie sur mini-disque en 1979. Bella Njoh l’a reprise en 1985. Il l’a reprise au total trois fois. Ce n’est pas la chanson de Bella Njoh comme beaucoup le pensent.
Moi, j’ai repris un bout de la chanson de Bella Njoh et j’ai composé le refrain, qui n’existait pas dans les autres versions. Je milite pour que le makossa retrouve sa grandeur.
 
Pourquoi avoir choisi de faire un maxi single, plutôt qu’un album complet ?
 
Après la sortie du maxi single avec les titres « Mauvais amis » et « Regard jaloux », la suite, c’est de réaliser les clips vidéos ou les sessions studio. À la fin du mois d’octobre va sortir le clip de « Regard jaloux », qui est déjà tourné.
 
Quel est le message que vous voulez faire passer à travers ce makossa ?
 
Mon combat aujourd’hui, c’est de redonner l’envie aux gens de danser le makossa. Les gens ont très bien accueilli « Apparence ». Et au-delà de la composition, le rythme est vraiment makossa. Je n’ai pas mis de guitare solo. Le rythme est vraiment makossa. Ma mission, c’est que cet album soit écouté au-delà du Cameroun.