Route Ebolowa–Ambam : Vers la fin du calvaire ?

Dans la région du Sud, l’entretien confortatif de cette voie, dans la zone dite des trois frontières, entre dans une phase décisive.

Guy-Roger Mvondo

On attend.

La circulation pourrait bientôt retrouver sa fluidité sur l’axe Ebolowa–Ambam, sur la nationale N°3. Depuis quelques jours, des équipes de l’entreprise HAB sont à pied d’œuvre sur les 82 km correspondant à la première phase du projet. Le 14 septembre 2026, lors de la visite hebdomadaire de l’équipe projet, du Point kilométrique (Pk) 0+000 au Pk 78+200, ainsi qu’au niveau de la carrière en cours d’installation à Andom, les opérations se poursuivaient à un rythme soutenu.

Sur le terrain, le cantonnage lourd avance avec le désherbage, le débroussaillement, le curage des ouvrages d’assainissement, le décapage, l’élagage et l’abattage des grands arbres. Le bouchage des nids-de-poule se poursuit également sur la chaussée et les accotements, tandis que l’amenée du matériel se poursuit. À Andom, HAB travaille à l’ouverture de la voie d’accès à la carrière et à l’installation de sa base-vie.

La situation reste particulièrement préoccupante entre Meyo-centre et Ambam. Sur cette section, la végétation a progressivement envahi plusieurs portions de la route. Certains fossés, obstrués par les dépôts et la végétation, font actuellement l’objet d’opérations de curage. En parallèle, les études géotechniques se poursuivent, de même que les démarches administratives relatives à l’autorisation d’exploitation de la carrière de roches massives d’Andom. L’entreprise doit surtout finaliser les documents d’exécution en collaboration avec la mission de contrôle et l’Ingénieur du marché. Une étape préalable au démarrage effectif des travaux de chaussée, annoncé dans un délai de 14 jours.

Les mesures environnementales et sociales ne sont pas en reste. Sensibilisation des populations sur les opportunités d’emploi, quarts d’heure de sécurité, renforcement de la signalisation et maintien de la propreté de la base-vie accompagnent le déploiement du chantier. Longue d’environ 90 km, la section Ebolowa–Ambam de la Nationale N°3, figure parmi les axes bitumés les plus dégradés du pays. Elle constitue pourtant une artère stratégique pour les échanges avec le Gabon et la Guinée équatoriale. Aujourd’hui, parcourir ce tronçon relève d’un véritable parcours du combattant. Même les véhicules tout-terrain les plus performants mettent près de 2 h 30 pour rallier Ebolowa à Ambam. Cette dégradation n’est pas sans conséquences sur l’activité économique dans la zone des trois frontières. Elle pénalise la circulation des personnes et des biens, endommage les véhicules et fragilise les échanges commerciaux transfrontaliers.

L’enjeu dépasse donc le simple confort des usagers. La réhabilitation de cet axe touche directement la coopération sous-régionale. En raison de la dégradation avancée de cette route par exemple, le Cameroun ne reçoit plus le Grand prix cycliste international Amissa Bongo depuis plusieurs années, événement sportif majeur de la coopération avec le Gabon.