Risques climatiques : Douala sécurise ses investissements

La Communauté urbaine fait de l’évaluation environnementale un outil économique pour protéger les investissements et éviter les surcoûts liés aux aléas climatiques.

Blaise Djouokep

A Douala, l’évaluation environnementale n’est plus une simple formalité administrative. Elle devient une arme économique . C’est le message porté par la Communauté urbaine de Douala (Cud) lors de l’ouverture du 27e séminaire international du Secrétariat pour l’évaluation environnementale en Afrique centrale (Seeac), dont les travaux se sont achevés le 25 septembre 2026. Ces travaux visaient à trouver des solutions pour investir tout en préservant les risques environnementaux.

Pour la Cud, l’équation est désormais financière. Comment continuer à attirer les capitaux, construire des routes, des logements et des équipements, sans que les risques environnementaux ne se transforment en factures pour les entreprises et la mairie. Et donc, « pour avoir votre permis de construire, nous vous demandons une étude d’impact environnemental », note Roger Mbassa Ndine. Un filtre obligatoire pour identifier les fragilités avant le premier coup de pioche. L’enjeu est  d’éviter les dépenses correctives, les chantiers à l’arrêt et la dégradation prématurée des infrastructures.

Les inondations récentes et la pression sur les mangroves ont montré qu’une vulnérabilité écologique se transforme vite en vulnérabilité économique. « Un des défis les plus importants que nous avons, c’est la préservation de la mangrove », insiste le maire. Pour la Cud, protéger ces écosystèmes, c’est protéger la ville et les investissements exposés aux aléas hydrologiques. Pour le secrétaire exécutif de la Seeac, Dieudonné Bitondo, il faut une intégration systématique de l’évaluation environnementale dans les politiques, plans et programmes. « Il faut, dans tout ce que nous faisons, penser à l’environnement et au social ».

Une démarche partagée par les partenaires au développement. Alain Ononino, directeur pays du WWF, assure que son organisation soumet tous ses projets à un cadre de sauvegarde environnementale et sociale. Pour la mairie, il y a lieu de renforcer l’analyse des projets à risque, intégrer la résilience climatique dans les investissements municipaux, préserver les zones stratégiques et mieux suivre les mesures environnementales.