Revendications des universitaires : Le Sypres propose une autre dynamique

Le Syndicat indépendant des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur axe son action sur la recherche et la gouvernance universitaire.

Michel Enony

 Pour une autre université.

Minute de silence en hommage à Hubert Mono Ndjana. Le philosophe camerounais, enseignant à l’Université de Yaoundé 1, est décédé en 2024. Il était président et fondateur du Sypres, dont les membres se sont réunis ce 11 octobre pour une assemblée générale.

À l’ordre du jour : la désignation du bureau provisoire du syndicat et l’amendement des textes régissant l’organisation. Dans un contexte de « grève illimitée » annoncée par les universitaires, réunis au sein du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), les membres du Sypres, eux, veulent « privilégier le dialogue, le rassemblement et la recherche de solutions pour améliorer le fonctionnement des universités », a relevé Fridolin Nke, président par intérim. Il estime que les capacités d’écoute, d’équité et de dialogue constituent des atouts pour conduire les actions du syndicat et défendre les intérêts de ses membres. Un aveu qui sonne comme une rupture avec les revendications des collègues du Synes.

Représentant le ministère de l’Enseignement supérieur, Joël Narcisse Meyolo a quant à lui réitéré « l’ouverture de la hiérarchie du ministère de l’Enseignement supérieur, disposée à contribuer à la résolution des problèmes auxquels les universités sont confrontées ».

Malgré cette ouverture, les attentes restent nombreuses. Le syndicat entend travailler à la mise en place de principes clairs pour encadrer la recherche, son financement et les fondements d’une université viable. Pour les responsables, venus des universités d’État, l’action syndicale ne doit pas se limiter aux revendications et aux grèves. Encore moins aux réclamations pécuniaires. « Le vrai syndicalisme se bat pour faire rayonner l’action de sa corporation au-delà de ses propres besoins personnels », soutiennent-ils. Ils estiment que le syndicat doit aussi contribuer à l’amélioration de l’université et laisser un héritage plus substantiel que les mouvements de grève.

Cette ambition suppose, selon eux, une nouvelle dynamique adaptée à l’évolution du monde et à l’accumulation des défis. Ils appellent ainsi à dépasser les anciennes mentalités et à mettre en place une approche collective capable de répondre aux enjeux actuels et futurs de l’enseignement supérieur.