Rentrée scolaire 2026-2027 : La sécurité avant tout 

Le ministre de la Défense appelle au renforcement des dispositifs de sécurité, sur les routes, dans les zones en crise et aux abords des établissements scolaires.

Rebara Habra

A l’approche des rentrées scolaire et universitaire 2026-2027, le gouvernement veut renforcer les dispositifs de sécurité sur l’ensemble du territoire. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, l’a indiqué mercredi 26 août, à Yaoundé, à l’ouverture d’une réunion d’évaluation sécuritaire consacrée à la préparation de ces rentrées.

La circulation routière figure parmi les priorités. Le ministre est revenu sur l’accident du 14 août à Nomalé, dans l’arrondissement de Ndikiniméki, qui a fait 16 morts et une quarantaine de blessés. Il a demandé aux services compétents d’intensifier les contrôles sur les axes routiers et de sanctionner les violations des règles de sécurité. Une vigilance jugée nécessaire au regard des déplacements qu’entraîneront les rentrées scolaire et universitaire.

La situation sécuritaire dans les régions en crise a également été évoquée.  «  Dans l’Extrême-Nord, les forces de défense et de sécurité restent mobilisées face aux incursions de Boko Haram et aux enlèvements contre rançon », a déclaré Joseph Beti Assomo. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le ministre relève une reprise des activités socio-économiques, malgré le maintien des opérations « ghost towns » dans certaines localités et la multiplication des enlèvements à visée financière.

Dans le Nord et l’Adamaoua, la prise d’otages contre rançon reste une préoccupation.  « Le phénomène est notamment observé dans le Mayo-Rey, le Djérem et le Mbéré, sur fond d’afflux de populations fuyant les violences au Soudan et en République centrafricaine », a indiqué le Mindef. 

Éboulement de Zamboï

Autre sujet abordé : l’exploitation minière. Le ministre a cité l’éboulement survenu le 18 août sur un site aurifère artisanal de Zamboï, à la frontière avec la République centrafricaine. Le drame, qui a fait plusieurs dizaines de morts, doit conduire, selon lui, à un contrôle plus strict des sites miniers, notamment dans les zones frontalières.

La sécurité maritime et les frontières Sud et Est ont, pour leur part, été présentées comme globalement maîtrisées. Le dispositif devra néanmoins rester en alerte face aux risques liés à la criminalité, aux mouvements de populations et aux tensions sociales.

La réunion doit aussi examiner la progression des infanticides, des féminicides et des discours de haine sur les réseaux sociaux. Le ministre a souligné le rôle de l’intelligence artificielle dans la production et la diffusion de fausses informations.

À huis clos, les responsables militaires et de gendarmerie présenteront un état des lieux de la situation sécuritaire, du moral des troupes et des différents théâtres d’opérations. Les travaux doivent déboucher sur des instructions et recommandations en vue de sécuriser la rentrée sur l’ensemble du territoire.