Rentrée académique 2026-2027 : L’Esstic accueille ses « Bleus »

Sous le signe de la discipline et de l’excellence, les nouvelles promotions des cinq filières de l’école ont été reçu le 1er octobre 2026.

Davila Nkolo (Stagiaire)

Il est 7h30 ce 1er octobre 2026. Sur l’esplanade des bâtiments C et D de l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), une marée de visages encore prend possession des lieux. Les nouveaux étudiants, admis au concours, « les bleus » comme on les appelle ici, sont accueillis par le bureau de l’Association des étudiants en communication. À leur tête, Happy Monthe, président de l’association, oriente les impétrants. « C’est un moment que nous avons tous vécu. Mon rôle est de faire en sorte qu’ils se sentent chez eux dès la première minute », confie-t-il.

L’arrivée du directeur, François Marc Modzom, et du directeur adjoint chargé des Études (Dace), Jean Nta À Bitang, marque le début de la cérémonie. Honneur aux couleurs. Asmac Voice, donne le ton. Dans la foule, ritany Bille, admise en filière Journalisme, ne cache pas son émotion. « C’est à la fois stressant et merveilleux. C’est une joie de commencer mes études ici. J’en rêvais depuis », dit-elle, les yeux brillants.

Prenant la parole, le directeur félicite les nouveaux admis. Son discours est un rappel des fondamentaux : « Ici, la discipline, le travail et l’excellence ne sont pas des options, mais des obligations. » Il salue le major de la promotion, dont le parcours doit servir de modèle. Le secrétaire général, Alain Assomp, enchaîne avec les consignes vestimentaires : genoux et épaules couverts, faux cils proscrits, coiffure sobre.

Le Dace , Jean Nta À Bitang détaille ensuite le système d’évaluation. « Le contrôle continu compte pour 60 % de la note finale, contre 40 % pour l’examen », précise-t-il, insistant sur l’assiduité. Après la phase officielle, direction les salles de classe par filière. Les responsables ont fait le tour des salles pour discuter avec les étudiants.

Cette journée d’imprégnation, riche en conseils, a permis à la nouvelle cuvée de s’approprier les règles et les exigences de l’école. Les cours, eux, débuteront le 5 octobre.


Jean Nta À Bitang : Tout est prêt pour la reprise des cours le 5 octobre

Le directeur adjoint, chargé des Études à l’Esstic fait le point sur les dispositions prises pour le début de l’année académique dès lundi.

Davila Nkolo (Stagiaire)

Vous avez accueilli les nouveaux étudiants  à l’Esstic. Quelle est la symbolique de cette cérémonie ?

C’est une cérémonie traditionnelle, qui s’est toujours déroulée de cette manière à l’Esstic. Lorsqu’on accueille de nouveaux étudiants, il est important de leur présenter l’établissement et d’échanger avec eux sur les exigences générales des différentes disciplines. Ils intègrent un établissement d’enseignement supérieur et non une faculté, avec un cadre et des règles auxquels ils doivent s’adapter.

Certains arrivent directement des lycées et collèges. Ils doivent donc être suffisamment informés sur leur nouvel environnement. Cette cérémonie permet également de leur présenter la formation qu’ils vont suivre pendant trois ans, l’organisation des études, les examens, les séquences d’enseignement et les unités d’enseignement. L’objectif est de leur donner toutes ces informations dès leur arrivée.

Quel était votre principal message à l’endroit de ces nouveaux étudiants ?

Je leur ai dit que la formation est ici et qu’il faut avant tout s’y investir. Ce n’est pas le plus compliqué. Les cours se déroulent en présentiel et non à distance. Il faut donc être présent, suivre les enseignements, prendre normalement les cours, participer aux contrôles continus et ensuite se préparer aux examens.

La rentrée académique du 5 octobre 2026 est-elle prête, quand on sait que les universitaires venaient de faire grève dans les Universités d’État ?

Tout est prêt pour la reprise des cours le 5 octobre, comme cela a été annoncé. J’ai demandé que les départements soient complétés afin que nous puissions mieux maîtriser les effectifs. Les dispositions sont déjà prises pour les cinq filières qui fonctionnent actuellement. Le démarrage effectif des enseignements est donc prévu le 5 octobre.

Des innovations pédagogiques ou des changements de programmes sont-ils prévus ?

Les programmes sont appelés à évoluer et à être améliorés. Dans cette dynamique pédagogique, l’université commence progressivement à intégrer les enseignements et les activités liés à l’intelligence artificielle. Celle-ci irrigue aujourd’hui l’ensemble des filières. Il est donc nécessaire d’en tenir compte dans la formation des étudiants, tout en les sensibilisant à ses limites et à ses usages.

L’intelligence artificielle concerne désormais toutes les générations et toutes les filières. Nous attirons notamment l’attention des étudiants sur les possibilités offertes par ces outils, mais aussi sur la nécessité de développer leurs propres compétences.

Dans mon cours, par exemple, je peux demander aux étudiants de réaliser un reportage dans un marché. Il faut alors rencontrer des personnes, leur poser des questions, observer, écouter, voir et ressentir les situations. C’est un exercice qui demande une présence sur le terrain et que l’intelligence artificielle ne peut pas réaliser à la place de l’étudiant.

En revanche, si l’on demande un travail général sur un sujet comme les inondations à Yaoundé, l’intelligence artificielle peut produire un texte. Les étudiants doivent donc apprendre à distinguer ce que ces outils peuvent faire de ce qu’ils doivent eux-mêmes réaliser.

Quel est aujourd’hui le principal défi en matière d’encadrement académique ?

Le principal défi est lié aux effectifs. Ils sont en constante augmentation alors que les locaux n’ont pas évolué au même rythme. Nous devons donc trouver les moyens de gérer cette croissance.

Un enseignant qui encadre 80 étudiants ne travaille pas dans les mêmes conditions que celui qui en encadre 50. La situation est encore différente avec 120 étudiants. La question des effectifs constitue donc un véritable enjeu pour l’encadrement pédagogique.

La police du style


Michel Enony

Ils ont réussi. C’est bien. Mais à l’Esstic, on ne plaisante pas avec la mode. Il faut bien prévenir les «Bleus». François-Marc Modzom, directeur de l’école, ne se contente pas de gérer les emplois du temps. Il est le véritable pape d’un rigorisme stylistique qui ferait pâlir un directeur de casting de la Fashion Week. Pour veiller au grain, un surveillant est affecté à la tâche depuis trois ans. C’est un colosse. Imaginez donc ce cerbère du « Code vestimentaire », posté à l’entrée des bâtiments C et D, scrutant d’un œil sévère le moindre pantalon slimé, la robe au dessus des genoux ou des talons aiguilles trop haute. Erreur ! Renvoi direct.

Souvenons-nous. Dès sa nomination, le directeur avait déjà frappé un grand coup avec un premier communiqué resté dans les annales. Il y déclarait une guerre sans merci aux parfums capiteux « aux senteurs extravagantes » , aux faux ongles clinquants et aux mèches tapageuses. L’Esstic n’est pas une boîte de nuit. Que diable ! C’est une école de communication, un temple du savoir où l’odeur de la sueur intellectuelle doit primer sur celle des fragrances bon marché.

Alors, l’accueil de ce 1er octobre, n’était qu’une mise…en bouche. Une mise en garde aussi. Gare à celui qui osera, dès lundi, s’écarter de la norme. La police du style veillera au grain. Surtout à la respectabilité de l’école.