Présidente de l’antenne Cameroun de l’Union des femmes reporters sportives d’Afrique, elle revient sur les enjeux de l’atelier de renforcement des capacités organisé les 30 et 31 octobre 2026 à Douala.
Blaise Djouokep

L’Ufresa, antenne du Cameroun a organisé à Douala, les 30 et 31 octobre 2026, un atelier de renforcement des capacités. En quoi est-ce que ces travaux sont importants pour les vos membres et pour les étudiantes en journalisme ?
A l’Ufresa, nous mettons l’accent sur la formation continue parce que, comme le dit la présidente, Elisabeth Golié, de Côte d’Ivoire, ce n’est qu’à travers nos productions que nous pouvons nous distinguer, mais aussi permettre que les lecteurs, les décideurs et les dirigeants sportifs aient un autre regard sur le rendu de celles qui pratiquent le journalisme sportif. Ces formations continues sont, pour nous et pour toutes les participantes, un moment d’apprentissage, de recyclage et de remise en question, afin de s’assurer que nous ne sortons pas des canons de la pratique du métier.
Généralement, à force d’être dans les automatismes et les réflexes, on s’éloigne inconsciemment de la norme et on pose des actes anti-déontologiques. C’est pourquoi il est toujours important de se former. C’est un environnement très concurrentiel, très masculinisé. Et donc, chaque fois que nous avons l’occasion de former nos membres et des étudiantes en journalisme, nous n’hésitons pas.
Quels besoins précis cherchez-vous à satisfaire à travers cet atelier ?
Ce sont d’abord des besoins d’exigence et de compétence : des besoins d’exigence dans la qualité du rendu de nos articles, des besoins d’orientation pour les étudiantes en journalisme, en les amenant à choisir le journalisme sportif au terme de leurs études. Le journalisme sportif est très masculin. Nous voulons donc donner les clés aux femmes qui choisissent cette spécialisation pour être professionnelles, compétentes et fournir un travail de qualité.
On a pour habitude de dire que la journaliste sportive est pacifique, qu’elle n’entre pas dans les guéguerres. Nous ne voulons pas seulement être cataloguées comme des personnes qui n’aiment pas les bras de fer, mais plutôt comme des personnes professionnelles et dont la qualité du travail est inattaquable.
Que comptez-vous faire pour que ces formations touchent un maximum de femmes journalistes sportives, au-delà des participantes ?
Les rendus de nos formations feront l’objet d’un manuel qui sera distribué dans les établissements. C’est un mouvement que nous sommes en train de lancer et qui ne va pas se cantonner aux sites de formation. L’Ufresa se bat à bâtir un réseau fort afin que les femmes journalistes sportives puissent avoir leur place autour de la table.
Pendant ces travaux, l’accent est mis sur la qualité du travail et la création de contenu. Pour quelles raisons ?
Notre véritable public est vaste. Ce sont les auditeurs de radio, les téléspectateurs, les lecteurs de nos journaux et sites internet, ainsi que les Camerounais présents sur les réseaux sociaux. Si chacune d’entre nous repart d’ici capable de produire des contenus sportifs plus rigoureux, plus humains et plus utiles, alors cette activité aura touché bien au-delà de cette salle.


