Port de Garoua : Vers la relance de la plateforme portuaire

La capitale régionale du Nord a abrité du 14 au 17 septembre 2026 un atelier consacré à la relecture des instruments juridiques y relatifs, organisé par le Minepat en collaboration avec le Pad.

Michel Ferdinand

Port de Garoua : Tout est presque à refaire !

La réhabilitation du port de Garoua fait sans doute partie des priorités au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) qui, du 14 au 17 septembre 2026, a organisé un atelier portant sur « la relecture des instruments juridiques relatifs au projet de rénovation et de réhabilitation des infrastructures et équipements » de la plateforme portuaire de Garoua. L’activité s’est déroulée en collaboration avec le Port autonome de Douala (Pad).

Une rencontre qui a permis « de travailler et d’affiner plusieurs instruments nécessaires à la mise en œuvre du projet. Il s’agit notamment : du projet de délibération habilitant le maire de la ville de Garoua à négocier et signer les instruments juridiques relatifs au projet ; du projet de convention de partenariat entre l’État, représenté par le Minepat et le ministère des Transports (Mint), et le Pad ». Il y a également le « projet de convention de partenariat entre la Communauté urbaine de Garoua et le Pad, portant notamment sur la réhabilitation, la rénovation, le développement et l’exploitation des installations, infrastructures et équipements du Port de Garoua ».

Les parties prenantes ont saisi l’occasion pour « clarifier les responsabilités des différents acteurs ». Ainsi « la Communauté urbaine de Garoua demeure chargée de la gestion du Port de Garoua. Le Pad intervient dans le cadre d’une mission d’expertise et d’accompagnement confiée par l’État ».  Au cours des travaux, « le maire de Garoua, Goura Beladji, a indiqué que la gestion du Port, attribuée à la Communauté urbaine par décret en 2023, n’est pas remise en cause par l’intervention du Pad. Cette clarification constitue un élément important du partenariat envisagé entre l’État, le Pad et la Communauté urbaine de Garoua ». Pour le gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, il a souhaité qu’on « passe des ateliers à la phase d’exécution, en insistant sur l’importance d’établir un échéancier précis pour les différentes étapes à venir ».

Les uns et les autres sont d’avis qu’il faut « redonner au Port de Garoua sa pleine vocation économique et renforcer les capacités de transport fluvial dans la partie septentrionale du Cameroun ». La réhabilitation du Port doit, certainement, « permettre de renforcer les recettes de la collectivité et, par conséquent, ses capacités à financer des projets au bénéfice des populations ». Le maire de la ville a émis le vœu de voir les travaux démarrer rapidement.

Ensablement

Garoua a donc besoin de l’expertise avérée du Pad en la matière, avec un projet de rénovation, de réhabilitation et de développement de l’infrastructure portuaire qui intègre le dragage du fleuve Bénoué, ainsi que des lacs des barrages de Lagdo et de Maga.

Le projet en réflexion a une portée régionale, d’autant qu’il « doit contribuer à la reprise des activités portuaires, au développement des échanges économiques, notamment avec le Nigeria, et au renforcement du rôle de Garoua comme plateforme économique du septentrion camerounais ». Pour ce faire, « le projet est également étroitement lié à la situation du barrage de Lagdo ». A s’en tenir aux explications du gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, l’ensablement du lac de retenue affecte la capacité de rétention des eaux et le fonctionnement du barrage.

Le barrage de Lagdo, « construit entre 1977 et 1982, joue un rôle majeur dans l’approvisionnement en électricité des trois régions septentrionales. Sa capacité théorique est d’environ 72 MW, tandis que sa production peut aujourd’hui être limitée à 40 ou 50 MW, en raison de l’ensablement et de la disponibilité des ressources hydriques ». Les acteurs sont engagés à passer de la réflexion à la réalisation.