C’est dans ce climat que les nouveaux étudiants prennent officiellement, ce 5 octobre 2026, le chemin des amphis à l’occasion de la rentrée académique 2026/2027.
Arnaud Kuipo

C’est dans un contexte particulier qu’Elysée Balla Kiringa va débuter son parcours universitaire ce jour. « Je commence les cours demain (ce 5 octobre 2026, ndlr) », confie celle qui va faire banque, monnaie et finance à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Bertoua. Comme elle, de nombreux étudiants sont attendus dans les amphis des universités publiques en vue du début officiel de l’année académique 2026/2027.
Conscient du mot d’ordre de grève du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur a transmis un message aux enseignants. « Il leur demande d’assumer efficacement leurs missions pédagogiques dès lundi prochain (ce 5 octobre, ndlr) et de persévérer résolument dans la voie de l’optimisation de la recherche universitaire », lit-on dans le communiqué de Jacques Fame Ndongo du 2 octobre dernier.
En effet, depuis le 3 septembre dernier, le Synes a décidé « une rentrée académique morte se traduisant par une grève illimitée, dans toutes les universités publiques ». Les revendications sont les suivantes : une suite à la demande d’audience adressée, il y a plus d’un an, au président de la République ; le paiement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tou(te)s les enseignant(e)s, sans exclusive ; l’apurement total de la dette académique.
Quelque temps après, le ministre d’Etat convoque « une importante réunion » portant sur le « climat social dans les campus » pour le 11 septembre. Le délai est jugé insuffisant par le Synes qui décline l’invitation. N’empêche. La rencontre se tient et quelques membres du Synes, dont son Secrétaire général adjoint (Sga), y prennent part. Pour le Synes, ces présences relèvent « d’un positionnement personnel n’ayant rien à voir avec les intérêts de la corporation portée par le syndicat ».
Des lignes vont bouger. Le gouvernement entreprend d’épurer la dette relative à l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche. Le Synes de son côté reste insensible et maintient son mot d’ordre de grève le 20 septembre ; soit 48 heures après une rencontre avec le ministre d’Etat, Jacques Fame Ndongo. Interrogée hier sur la levée du mot d’ordre, la secrétaire générale du Synes, Jeannette Wogaing Fotso a gardé le silence.
Jeannette Wogaing Fotso : La situation dans les universités n'est pas du tout enviable
La secrétaire générale du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) s’exprime sur le climat dans les universités, avant la rentrée ce jour, non sans commenter l’apurement du deuxième trimestre (2026) de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire.
Arnaud Kuipo

Le gouvernement, par le ministère des Finances, s’est acquitté « entièrement » du paiement de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire pour le compte du deuxième trimestre de 2026. Ceci faisait partie de vos revendications …
Le Synes apprécie avec la plus grande sincérité les communications du Minetat-Minesup (ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur) à l’effet d’informer la communauté universitaire de l’avancement de la situation. Cependant, les collègues constatent que les trimestres dus ont été payés à certains ainsi que le trimestre 3. Le Ben (Bureau national exécutif, Ndlr) Synes regrette l’opacité concernant la dette académique, ce qui rend le suivi des paiements aléatoire.
Rendus à un mois du lancement du mot d’ordre de grève, quel bilan dresse le Synes ?
Les enseignants restent attachés au Synes, ce d’autant plus que c’est leur mobilisation qui a abouti à l’appel au campus mort. Le Minesup a rendu publics plusieurs communiqués faisant état d’une ambiance plutôt normale sur les campus universitaires … Tant que les acteurs sociaux vont donner l’impression que tout va bien, il sera difficile de sortir des crises. Plusieurs soutenances de master et de doctorat ont été reportées à des dates ultérieures du fait de la non-participation des enseignants.
Ce n’est pas parce que quelques individus ont renoncé à leur dignité en refusant d’adhérer au mot d’ordre qu’on va dire que tout va bien. Ces personnes trahissent la mission de l’éducateur qui doit être un modèle pour la société. Cette catégorie n’arrivera pas à opposer les enseignants et les étudiants. La situation dans les universités n’est pas du tout enviable. Les problèmes sont très profonds. Il est impératif de s’arrêter un moment et de trouver des solutions pérennes.
Le Ben Synes salue les efforts du Minetat en vue de satisfaire les revendications des enseignants et s’insurge contre les manœuvres d’intimidation de certains chefs d’établissements qui, en violation de la légalité et à des fins inavouées, menacent de radier les enseignants grévistes, dans le but de radicaliser ces derniers.
Que dites-vous au sujet de la dette académique ?
Le Ben (Bureau national exécutif, ndlr) Synes demande une fois de plus la mise à disposition de la liste de la dette académique consolidée. Il invite les enseignants qui n’auraient pas reçu l’une des quelconques tranches de l’allocation de se faire recenser dans la semaine du 05 octobre 2026 auprès des coordonnateurs Synes pour compilation et diligence auprès du Ben Synes, qui portera l’information à l’attention des autorités …
La grève ne saurait être la solution aux problèmes qui peuvent être gérés en amont. Le management de nos universités doit être repensé ; et si les universitaires sont incapables de gérer, qu’ils passent la main aux personnes compétentes.
Allocation pour la recherche universitaire :
Place au troisième trimestre de 2026
Dans un communiqué du 2 octobre 2026, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur informe que l’ardoise concernant le deuxième trimestre « est entièrement apurée ».
Arnaud Kuipo
5 499 042 864 Fcfa. C’est le montant de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire qui a été payé pour le compte du deuxième trimestre de 2026. A en croire le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, le gouvernement s’est entièrement acquitté de cette responsabilité. En effet, le dernier montant (1 651 745 000 Fcfa) a été viré le 2 octobre dernier dans les comptes bancaires de 2 217 enseignants-chercheurs. Des transactions qui ont succédé à celles de la veille à destination des comptes bancaires de 1 342 enseignants-chercheurs des Universités d’Etat. Le montant viré : 1 011 190 000 Fcfa. « Conséquence : les fonds relatifs au deuxième trimestre 2026 ont été entièrement débloqués par le ministre des Finances », peut-on lire dans un communiqué du 2 octobre dernier signé Jacques Fame Ndongo.
Place maintenant au troisième trimestre de 2026. A ce sujet, le chancelier des ordres académiques écrit : « le ministère des Finances a déjà prévu, un milliard de Fcfa, en vue du démarrage, dès la semaine prochaine (cette semaine, ndlr) et de manière progressive, des paiements, en fonction des disponibilités financières (…) et de toutes les autres contraintes de l’Etat, la dépense publique devant être gérée avec rigueur et méthode. » Quant au reliquat de ce trimestre (4 499 042 864 Fcfa, Ttc), il « sera débloqué progressivement par le ministre des Finances ».
S’agissant de la dette académique, le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup) souligne que 242 547 462 Fcfa ont été virés dans les comptes de 915 enseignants-chercheurs le 2 octobre dernier. Ainsi, le cumul des paiements de ladite dette s’élève à 7 536 547 462 Fcfa sur un total de 16 959 000 000 Fcfa Ttc.



