Lors d’une campagne de sensibilisation des artisans miniers, le Comité de suivi des activités minières et de restructuration du secteur aurifère a constaté qu’aucun engin n’était utilisé sur ce site, conformément aux exigences du Code minier.
Sébastian Chi Elvido
Scène inhabituelle sur le site minier « Chantier Gabon », dans l’arrondissement de Mandjou, région de l’Est, le 7 octobre 2026. Ici, aucun engin ne ronfle. Contrairement à de nombreux sites miniers de la région, où l’exploitation semi-mécanisée est pratiquée en violation du Code minier par des détenteurs d’autorisations d’exploitation artisanale, les centaines d’artisans présents travaillent à la pelle. Ils creusent et raclent la terre à la recherche de l’or.
Regroupés au sein du Groupement d’initiative commune (Gic) Abdoulaye Mining, ces artisans ont reçu la visite d’une délégation du Comité de suivi des activités minières et de restructuration du secteur aurifère. Conduite par Philippe Nyetam, inspecteur général représentant le ministre, la mission était accompagnée du délégué régional du Minmidt pour l’Est et du délégué départemental du Lom-et-Djérem.
Sur le site, la délégation a également découvert une école privée construite par Abdoulaye Mining. Fonctionnel, l’établissement accueille 130 élèves encadrés par cinq enseignants et un directeur. Une restauratrice assure par ailleurs gratuitement les repas des apprenants. Pour les membres de la mission, cette initiative témoigne de la volonté des artisans de structurer leurs activités et de s’engager dans la formalisation de l’exploitation minière artisanale. Elle contribue également à lutter contre la sous-scolarisation dans les zones minières.
Échanges
Les échanges avec le maire et les artisans miniers ont porté sur l’importance de la carte d’artisan minier et des autorisations d’exploitation artisanale. Les discussions ont aussi abordé le sort des artisans qui découvrent et exploitent des sites sans autorisation, avant d’en être expulsés par les titulaires d’autorisations d’exploitation semi-mécanisée.
La délégation a également apporté des précisions sur les différences entre les coopératives et les groupements d’intérêt économique (Gie), ainsi que sur les modalités d’organisation des artisans miniers. Cette rencontre a permis à l’administration minière, aux autorités locales et aux artisans d’échanger sur les difficultés rencontrées sur le terrain et les exigences réglementaires liées à la formalisation de leurs activités.



