Jacques Kaldaoussa

Fuyant les menaces et les violences attribuées à Boko Haram dans les localités de Salé et Zizagué, dans l’arrondissement de Waza, plus de 800 personnes ont trouvé refuge au stade Yaya Daïrou de Maroua depuis le 10 septembre 2026. Loin des violences, ces familles sont désormais confrontées à une autre inquiétude : leur vulnérabilité sanitaire. Installées dans l’enceinte du stade, sans dispositif sanitaire dédié, elles vivent dans des conditions précaires. Hommes, femmes et enfants dorment dans les gradins et s’organisent comme ils peuvent pour se nourrir et se protéger des intempéries. Cette situation intervient alors que l’Extrême-Nord reste sous vigilance face au choléra. La concentration de personnes dans un même espace, les difficultés d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène constituent autant de facteurs de risque.
Au-delà de la nourriture et de l’hébergement, ces déplacés ont besoin d’une prise en charge sanitaire organisée : accès à l’eau potable, latrines, dispositifs de lavage des mains, gestion des déchets, sensibilisation aux mesures de prévention du choléra, surveillance épidémiologique et prise en charge rapide des éventuels cas. « Nous sommes à la merci des moustiques et du froid lorsqu’il pleut. Mais c’est beaucoup mieux que de vivre tout le temps stressés », témoigne une mère rencontrée sur le site.
Pour ces familles qui ont tout abandonné pour fuir l’insécurité, la protection ne devrait pas se limiter à la sécurité physique. Dans un contexte où les risques de maladies hydriques persistent, leur accueil nécessite aussi une réponse sanitaire adaptée à leurs conditions de vie.



