À l’occasion de la Journée internationale de la fille, le Minproff appelle à renforcer la protection, l’éducation et l’autonomisation des filles pour mettre fin au mariage des enfants.
Rebara Habra

Le 7 octobre 2026, à la salle des convivialités du Musée national de Yaoundé, les filles n’ont pas seulement été invitées à écouter. Elles ont aussi été appelées à parler. À présenter leurs réalités, leurs difficultés et les solutions qu’elles souhaitent voir mises en œuvre. Présidée par la ministre de la promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, la cérémonie de lancement des activités de la 15e édition de la Journée internationale de la fille a réuni plusieurs représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations engagées dans la protection des droits de l’enfant, parmi lesquels l’Unicef et Plan International.
Au milieu des autorités et des partenaires, une voix a particulièrement retenu l’attention : celle d’Abeke Ségolène, choisie pour porter la parole des filles. Pour la jeune fille, l’un des faits marquants de la rencontre est précisément cette possibilité qui leur a été offerte de s’exprimer. « On a laissé à nous, les jeunes filles, la possibilité de donner notre avis », relève-t-elle, évoquant également la présentation des situations auxquelles elles sont confrontées et les recommandations formulées à l’endroit des décideurs.
Autre sujet abordé : la parentalité positive. Pour Abeke Ségolène, l’outil prend tout son sens dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place importante dans la vie des jeunes. Beaucoup de parents, observe-t-elle, ne maîtrisent pas nécessairement les usages et les codes de cet univers numérique. Le guide de parentalité positive doit donc permettre de mieux outiller les parents. Pas question, selon elle, de répondre aux usages numériques par l’interdiction systématique. L’enjeu est plutôt d’accompagner les jeunes, de favoriser le dialogue et de promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux.
Protection
La question de la protection des enfants et de l’accompagnement des familles figure d’ailleurs parmi les préoccupations du ministère de la promotion de la Femme et de la Famille, qui met notamment à disposition des outils consacrés à la parentalité positive.
La lutte contre le mariage des enfants a également occupé une place importante dans les échanges. Sur ce terrain, Abeke Ségolène entend repartir avec davantage d’arguments pour sensibiliser autour d’elle. « Nous avons un regard particulier sur la situation des filles. Vous avez vu et entendu les statistiques : 28,9 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. C’est toute une jeunesse, toute une enfance et tout un avenir qui sont compromis lorsqu’il y a mariage d’enfants », Nadine Perrault, représentant Unicef au Cameroun.
Son engagement ne se limite pas à dénoncer le phénomène. Elle veut aussi agir dans son environnement, notamment à travers des initiatives communautaires en faveur de l’autonomisation des filles. « Le mariage n’est pas une fin en soi », soutient-elle, appelant les jeunes filles à ne pas considérer l’union comme l’unique horizon de leur vie.
Son message rejoint les orientations mises en avant à l’occasion de la Journée internationale de la fille 2026, consacrée à la fin du mariage des enfants et à l’investissement dans les droits des filles. L’Unicef rappelle que le mariage précoce prive notamment de nombreuses filles de leur droit à l’éducation, à la protection et au choix de leur avenir.



