Victoire Bikaga ( stagiaire)

À peine le jour levé, Mokolo s’anime. Il est un peu plus de 6 h. Au « Bateau », à l’espace Sauvette de l’émergence, les premiers ballots sont déjà au sol. Ficelles coupées, sacs ouverts : le déballage peut commencer. Autour des tas de vêtements, les revendeurs scrutent, fouillent, retournent. Chacun cherche la bonne pièce, celle qui pourra être revendue rapidement. Chemises, pantalons, robes, vestes, chaussures… Les meilleures trouvailles partent en premier. L’agitation retombe progressivement vers 10 h.
Ces vêtements de seconde main arrivent au Cameroun principalement par le Port autonome de Douala. Ils proviennent notamment d’Europe, d’Asie et des États-Unis. Certains grossistes s’approvisionnent directement à l’étranger, notamment en Chine, avant d’acheminer leurs marchandises vers Yaoundé.
À Mokolo, les vêtements passent ensuite entre plusieurs mains. Ils sont triés, parfois nettoyés ou retouchés, avant d’être exposés à la vente. Pour les clients, l’argument est simple : le prix. Avec un budget limité, il est possible de repartir avec une chemise, un pantalon ou une robe à moindre coût. Mais derrière ces vêtements se cache une chaîne commerciale bien rodée. Grossistes, déballeurs, revendeurs, transporteurs et couturiers y trouvent leur activité.
Dans les allées de Mokolo, la friperie ne se résume donc pas à des vêtements déjà portés. Elle fait vivre tout un petit monde. Pour les uns, c’est un gagne-pain. Pour les autres, une manière de s’habiller sans trop dépenser. Ici, la seconde main a trouvé sa place dans le quotidien des Yaoundéens.


