Selon un communiqué du préfet du Mayo-Sava, les potentiels candidats ont jusqu’au 30 octobre 2026 pour déposer leur dossier.
Jacques Kaldaoussa

Le 24 septembre 2026, le préfet du département du Mayo-Sava, Ludovic Étienne Mgbwa a rendu public un communiqué constatant la vacance à la tête de la chefferie de 2e degré de Mada, dans l’arrondissement de Tokombéré. Les potentiels candidats au poste et remplissant les conditions d’éligibilité prévues par les textes ont jusqu’au 30 octobre 2026 pour deposer leur dossier dans ses services. Un fauteuil jadis occupé par sa majesté Cavaye Yeguié Djibril, ci-devant président de l’assemblée nationale du Cameroun et rappelé à Dieu le 6 mai 2026 à l’âge de 86 ans dont 34 passés à la tête de la chambre basse du parlement. Sauf que le communiqué du préfet soulève un imbroglio. Celui selon lequel l’autorité administrative parle de la chefferie de 2e degré alors que le 14 juillet 2025, le ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji a informé Cavaye Yeguié Djibril de l’accord du président de la république pour reclasser la chefferie de Mada au rang de 1ᵉʳ degré.
Le même jour, la cérémonie de remise des attributs de chef de 1ᵉʳ degré a eu lieu à Yaoundé et réédité quelques jours plus tard à Mada. Sauf que l’arrêté qui devrait relever de la compétence du Premier ministre pour ce qui concerne les chefferies du premier degré n’a jamais été aperçu nulle part, y compris au ministère de l’administration au moins pour homologation. C’est ce qui a certainement motivé le préfet du Mayo-Sava à préciser dans son communiqué qu’il s’agit de la succession à la chefferie de 2e degré de Mada. Ce qui a fait dire à de nombreux observateurs que le Minat a vendu les chimères au défunt lamido de Mada.
C’est une succession qui crystalise donc les attentions au regard des attributs du défunt lamido du fait de sa double casquette de chef traditionnel et grand homme politique et du sérail. Certains spéculent sur un mainmise du politique et de l’administration dans tout le processus de désignation du successeur.
Manœuvres
Pour l’instant, aucune date de consultation des notabilité coutumières pour désigner le nouveau chef n’a été arrêtée et le sera de commun accord avec les potentiels candidats. A un mois de la clôture des candidatures, des spéculations circulent sur les aspirants au trône. Le nom qui revient le plus est celui de Marga Ibrahim Cavaye, fils aîné du défunt lamido qui, selon certaines indiscrétions serait dans les bonnes grâces de l’administration. C’est d’ailleurs lui qui s’est exprimé au nom de la grande famille devant le Premier ministre lors des obsèques officielles de Cavaye Yeguié Djibril à Mada le 23 mai 2026. « Je suis l’aîné de la famille. Les gens m’interpellent par rapport à la chefferie de 1er degré. Je leur ai dit que notre père ne nous a jamais associés aux affaires publiques qu’il menait. Et aujourd’hui, vous devant nous qui menez les affaires de l’État et en premier chef, monsieur le Premier ministre. Où en est-on avec les éclaircissements de la chefferie de Mada ? », avait alors déclaré Marga Ibrahim Cavaye, en service à l’Assemblée nationale.
Une déclaration qui a suscité des interrogations dans l’assistance sur l’opportunité d’une telle déclaration en pareille circonstance. L’autre rejeton en embuscade est Dr Mamoudou Cavaye, medecin de formation, l’un des plus discrets de la famille. Après lui, l’on cite entre autres parmi les nombreux fils du défunt chef Moussa Yaya, un administrateur civil, Oumarou Tikire Cavaye, fonctionnaire de police, le colonel Aladji Djoubeirou Cavaye, Officier supérieur d’armée, Ali Bappa Cavaye, administrateur d’assemblée. La liste des prétendants est loin d’être exhaustive pour des raisons de discrétion. On en saura un peu plus au moment de la clôture des candidatures et beaucoup plus au moment de la publication de la liste définitive de ceux qui vont se prêter aux consultations des notabilités coutumières.



