À l’issue du conseil de discipline du 26 octobre 2026, les 11 élèves convoqués, accompagnés de leurs parents, ont relaté leur version des faits.
Michel Enony

Enfin ! Après plus de huit heures de confrontations, les 11 élèves traduits devant le conseil de discipline sortent. Aux côtés de leurs parents, aucune réaction face à la presse. « On leur a interdit de dire quoi que ce soit à l’intérieur », confie un parent.
Plus tôt dans la matinée, c’était une procession de tenues de classe et de parents d’élèves. Appel. Fouille au corps. Décharges des parents dans un registre. À l’entrée du bloc administratif du Lycée technique bilingue de Nsam, les entrées sont filtrées. Un parent à la fois, par élève. Après l’incident survenu le 21 octobre dernier et les violences qui ont suivi, les élèves ont été confrontés pour établir leurs responsabilités. Ils se sont expliqués sur les faits d’« incitation à la rébellion, violences, destruction de biens » qui leur sont reprochés.
Mais à l’issue du conseil de discipline, aucune décision n’a été prise. Un autre conseil de discipline est prévu ce mardi. « Les listes et les sanctions seront affichées mercredi. Aujourd’hui, c’était juste des confrontations. Il ressort que mon fils était en classe quand les événements se déroulaient ; c’est quand il est sorti avec le cahier de textes qu’il a été interpellé », confie, serein, Nsagou Salifou, parent d’élève.
Pour Jean-Noël Manga, père d’un des élèves convoqués, l’exclusion de son fils est à redouter. « Mon fils a été convoqué parce qu’il a filmé. On peut tout m’infliger, mais pas l’exclusion de mon fils », déclare-t-il, le visage abattu. D’après certains parents, les enfants, d’abord interpellés et détenus au commissariat central numéro 1, ont été brutalisés et molestés. Ils exigent des visites médicales, car certains affichent des hématomes sur le corps. Mais aucun responsable de l’établissement ne s’est prononcé sur ces dénonciations.
Le 26 octobre encore, les grilles du lycée sont restées closes pour les élèves. Les salles de classe sont vides. Tous les élèves qui se sont rendus à l’école ont été renvoyés à la maison. Seuls les enseignants et le personnel administratif sont présents dans l’enceinte de l’établissement. La décision de renvoyer les élèves a été prise pour permettre à l’administration de préparer la reprise des cours. Des travaux de réfection des édifices endommagés sont en cours.
Jeudi 15 octobre, une réunion de crise s’était tenue sur le même sujet. Elle était présidée par la ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Pauline Nalova Lyonga. Y ont participé les acteurs du secteur éducatif, les responsables administratifs du lycée et des représentants des forces de sécurité. L’objectif était de « faire la lumière sur les circonstances de l’accident et sur les violences qui ont suivi, évaluer les dégâts et déterminer les dispositions pour un retour à la normale ». Une enquête avait même été ouverte. Selon des indiscrétions, Madame la ministre a dit : « Pas d’exclusion. » Néanmoins, la reprise des cours est prévue pour demain, mercredi 28 octobre.



