Lycée technique de Nsam : Les cours suspendus, une enquête ouverte

La ministre des Enseignements secondaires a tenu une réunion de crise le 22 octobre 2026, à la suite des émeutes survenues dans l’établissement la veille

Michel Enony

 Réunion pour une sortie de crise.

Il est 8 heures ce jeudi 22 octobre 2026. Les grilles du Lycée technique bilingue de Nsam, à Yaoundé, sont ouvertes. Les salles de classe sont vides. Aucun élève ne circule dans les couloirs. Seuls les enseignants et le personnel administratif sont présents dans l’enceinte de l’établissement. La décision de renvoyer les élèves a été prise pour permettre à l’administration de préparer la reprise des cours.

Le jour précédent, une réunion de crise s’est tenue. Elle était présidée par la ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Pauline Nalova Lyonga. Y ont participé : les acteurs du secteur éducatif, les responsables administratifs du lycée et des représentants des forces de sécurité. L’objectif étant de « faire la lumière sur les circonstances de l’accident et sur les violences qui ont suivi, évaluer les dégâts et déterminer les dispositions pour un retour à la normale. »

Aucune date de reprise des cours n’a été communiquée. Aucun communiqué de la ministre après la réunion. D’après Henri Bomba, chargé de la communication spéciale de la Minesec, « une enquête a été ouverte, elle est en cours », indique-t-il.

La veille, mercredi 21 octobre, trois élèves se rendaient à l’école à moto, d’après l’administration du lycée. Aux abords de l’établissement, un accident de la circulation s’est produit. Feudjio Kidio Junior Cabrel, inscrit en 1ère F3-A, est décédé sur place. Noudelsia Jimmy, en 1ère F4-B, et Eba Mindja Daniel, en 1ère F4-A, ont été blessés et se trouvent à l’hôpital.

L’annonce du drame a conduit à des actes de violence dans l’établissement. Des élèves ont détruit des biens, des infrastructures et des équipements scolaires. Le restaurant, les bureaux administratifs, des véhicules, les salles informatiques et les tableaux numériques ont été endommagés. Ces violences sont nées d’une supposée rumeur qui a circulé : celle d’un élève renvoyé peu avant pour une coiffure non conforme, et dont certains camarades ont cru qu’il était la victime de l’accident. Le ministère des Enseignements secondaires a démenti ce lien. Pour l’heure, le calme est revenu dans l’enceinte de l’établissement. Il garde tout de même les séquelles des violences de la veille.