Logone et Chari : L’opération Bir Lac Tchad prend progressivement corps

Cette nouvelle unité composée déjà de 800 soldats d’élite aura la charge de combattre les groupes terroristes dans cette zone.

Jacques Kaldaoussa

 La localité de Bargaram, dans l’arrondissement de Hilé-Alifa, département du Logone-et-Chari, a longtemps été confrontée à plusieurs attaques meurtrières des groupes terroristes ayant fortement perturbé la vie des populations et freiné les activités agropastorales et économiques.
Considérée comme l’un des poumons économiques de l’arrondissement, cette localité a vu son dynamisme affecté par l’insécurité, entraînant notamment l’abandon massif de certains villages par les populations.C’est dans cette dynamique de renforcement de la sécurité et de rapprochement avec les communautés qu’un premier camp de l’opération Bir Lac a été inauguré ce 23 septembre 2026 à Bargaram. 

La cérémonie, présidée par le général de brigade François Péléné, coordonnateur général des Bir, s’est déroulée en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses ainsi que des élus locaux. Le lendemain, c’était au tour de Hilé-Alifa, arrondissement du même nom dans le Logone et Chari d’abriter la cérémonie similaire d’inauguration d’un deuxième camp Bir Lac Tchad. Ces nouvelles unites d’élite vont essentiellement faire un maillage dans les eaux camerounaises du lac Tchad où le pays dispose de 11 petites îles et où essaiment de nombreux groupes terroristes liés à Boko Haram.


En faisant l’annonce solennelle à Waza le 29 septembre dernier de l’opérationnalisation du Bir Lac Tchad en marge d’une cérémonie de distribution de l’aide d’urgence aux victimes et déplacés internes de Boko Haram, le ministre délégué à la présidence chargé de la défense, Joseph Beti Assomo a précisé les contours de cette innovation. Le dispositif devrait compter près de 1 000 hommes, avec 800 commandos déjà déployés à Fotokol. La caserne du Bir Lac Tchad sera construite à Waza sur un espace de deux hectares. Cette nouvelle force vient compléter les unités déjà engagées dans la région à l’instar du Bir Delta et s’inscrit dans le renforcement du dispositif sécuritaire contre les incursions de plus en plus récurrentes de Boko Haram. L’objectif étant de rapprocher les postes de sécurité des zones les plus exposées, dissuader les éventuelles incursions, sécuriser les villages environnants et permettre, à terme, le retour des populations déplacées.

Au-delà de la dimension sécuritaire, ce nouveau camp constitue ainsi un facteur de confiance et de stabilité, susceptible de favoriser la reprise des activités agricoles, commerciales et sociales.