Le coordonnateur du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) à l’Université de Yaoundé II, Calvin Aba’a Oyono, a saisi l’opportunité de la tournée du ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, ce 5 octobre 2026, pour se faire le porte-parole des pairs en difficultés.
Arnaud Kuipo
« Répercutez en haut lieu. Qu’on cesse de mépriser les enseignants. Les enseignants sont démotivés. Je vais vous le dire, si on ne vous le dit pas. Nous sommes sous-payés. » Ceci est un extrait de propos de Calvin Aba’a Oyono adressés au ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur ce 5 octobre 2026. Jacques Fame Ndongo est sur le terrain dans le cadre de la rentrée académique 2026/2027 dans les universités publiques. L’étape de l’Université de Yaoundé II est la première étape où Jacques Fame Ndongo va échanger avec Calvin Aba’a Oyono, dans l’amphi pour son cours sur le contentieux administratif à l’intention des étudiants de troisième année.
Le coordonnateur du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) à l’Université de Yaoundé II va saisir donc cette visite pour se faire le porte-parole des difficultés de ses collègues enseignants. « Je vous assure il y a plein de collègues qui n’ont pas reçu la Ps 1, monsieur le ministre », souligne Calvin Aba’a Oyono à Jacques Fame Ndongo qui l’invite à ajouter « d’Etat ». Ce qu’il fait. Une clameur va s’en suivre. La suite : « (…) Il y a plein de collègues qui n’ont pas reçu de Ps 1 2025. Vous avez encore des collègues, s’agissant des derniers virements, qui n’ont rien eu. La dette académique n’est pas payée. » Après une interpellation de son interlocuteur, iI va ajouter l’adverbe « entièrement » non sans reconnaitre les efforts du ministre d’Etat en présence du recteur de l’institution hôte.
S’exprimant à son tour, micro en main, le ministre d’Etat a indiqué que les problèmes ont commencé à être résolus par le ministre des Finances. Et on se souvient du communiqué ministériel du 2 octobre dernier e ce dernier relatif à l’apurement entier de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire (deuxième trimestre de 2026).
Rappelons que cette rentrée académique se tient dans un contexte particulier. Le Synes a lancé le 3 septembre dernier un mot d’ordre de grève illimitée dans toutes les universités publiques. Malgré les différentes initiatives du gouvernement, le mot d’ordre n’est pas levé.
Jeannette Wogaing Fotso :
Ce n’est pas encore le désamorçage de la grève
La secrétaire générale du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) s’exprime sur des « images détournées » prises à l’occasion de la rencontre entre le coordinnateur du Synes à l’Université de Yaoundé II et le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur ce 5 octore.
Arnaud Kuipo

Depuis quelques heures, certaines publications circulant sur les réseaux sociaux présentent l’échange entre le professeur Jean-Calvin Aba’a Oyono et monsieur le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Jacques Fame Ndongo, comme la preuve d’un prétendu désamorçage de la grève des enseignants du supérieur.
Cette lecture est fausse et trompeuse.
Nous invitons la communauté universitaire et l’opinion publique à ne pas se fier à des captures d’images sorties de leur contexte, ni aux commentaires qui les accompagnent. Les vidéos disponibles de la rencontre montrent clairement que le professeur Jean-Calvin Aba’a Oyono demeure ferme sur les revendications des enseignants et a une nouvelle fois exposé, devant monsieur le ministre d’État, les conditions difficiles dans lesquelles évoluent les enseignants du supérieur.
La grève n’est donc pas une affaire d’images ou d’interprétations sur les réseaux sociaux. Elle porte sur des revendications précises et sur l’exigence d’actions concrètes, vérifiables et durables.
Dans le cadre du mouvement, un principe a d’ailleurs été adopté : chaque enseignant expliquera brièvement à ses étudiants les raisons pour lesquelles il ne dispense pas son enseignement, afin que ceux-ci comprennent le sens de la mobilisation et ne soient pas laissés face aux rumeurs.
Nous saluons néanmoins les démarches entreprises par monsieur le Ministre d’État et son ouverture au dialogue. Le consensus ne pourra cependant être durable que s’il repose sur des actes concrets et des réponses claires aux revendications des enseignants.
Merci aux médias qui contribuent à rétablir les faits et à relayer les informations avec responsabilité, notamment ceux qui permettent au public d’accéder au contenu réel des échanges plutôt qu’à des interprétations sensationnalistes.
La vérité des faits doit rester plus forte que la manipulation des images.
Ange-Princesse Nguetgna : Bleue et déterminée
Pour sa première journée sur le campus, ce 5 octobre 2026, cette étudiante de niveau 1 en psychologie avoue un peu de stress, mais affiche sa conviction.
Franck Epoma (Stagiaire)

Un peu stressée au réveil, Ange-Princesse Nguetgna s’est pourtant vite reprise afin de regagner le campus. « Je me suis dit : je viens ici pour un objectif, donc je dois éviter de me stresser, sinon je risque de faire un faux pas », confie-t-elle. Inscrite en première année de psychologie, la jeune bleue a vécu ce lundi sa toute première journée à l’Université de Yaoundé I.
Habitante de Simbok à Yaoundé, un quartier assez éloigné du campus, elle reconnaît que le trajet pèse sur son quotidien. « J’essaie de jongler avec les moyens que j’ai », explique-t-elle simplement à propos du transport.
Son choix de l’université s’est fait sur la foi des témoignages. « Les étudiants chantent les éloges de cette université », dit-elle. Quant à la psychologie, elle y voit un moyen de « mieux comprendre l’autre pour mieux vivre en société ».
Côté formalités, aucune mauvaise surprise. Elle a effectué seule ses inscriptions et n’a rencontré aucune difficulté, grâce aux explications reçues sur place. Ce premier contact lui a laissé une impression rassurante : celle de se sentir « chez elle ».
Ses attentes sont claires : des professeurs « très impliqués » dans la dispensation des cours, et l’espoir de sortir de l’université avec « plein de connaissances ». Ses craintes le sont aussi. Elle redoute de croiser des camarades qui ne savent pas ce qu’ils sont venus faire, et des enseignants qui n’assureraient pas normalement leurs cours.
À ceux qui entrent comme elle en première année, son conseil tient en une phrase : savoir ce qu’on vient chercher à l’université et s’y tenir, sans se laisser distraire. Une consigne de bleue, mais qui sonne comme un programme pour toute l’année académique qui s’ouvre.



