Kempinski Shekinah Palace : La première pierre d’un rêve posée à Bonanjo

Le Premier ministre, représentant personnel du chef de l’État, a officiellement lancé les travaux de construction d’un complexe hôtelier exceptionnel à Douala, le 25 septembre 2026.

Michel Ferdinand

Rendez-vous dans 36 mois

Si le chronogramme d’exécution des travaux est respecté, d’ici 36 mois sortira de terre un « gratte-ciel iconique de 27 niveaux, haut de 100 mètres et déployé sur 100 000 m2 » au quartier Bonanjo à Douala. Ce sera précisément là où a trôné, jusqu’à une époque, le bâtiment siège de l’opérateur historique des chemins de fer au Cameroun. Le Kempinski Shekinah Palace Douala-Bonanjo, le « plus grand complexe à usage mixte d’Afrique centrale », surplombera le plateau Joss, site symbolique sur les berges du Wouri, après la cérémonie de pose de la première pierre des travaux présidée vendredi dernier, 25 septembre 2026, par le Premier ministre (Pm), chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, représentant personnel du chef de l’État, Paul Biya. Le Pm est accompagné de plusieurs membres du gouvernement à l’instar de Laurent Esso, ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des Sceaux ; Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, par ailleurs ministre par intérim du Tourisme et des Loisirs.

Une mobilisation qui témoigne de l’ampleur d’un projet qui a exigé six années de réflexion et de négociations. Le maire de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndine, reconnaît que le futur Palace viendra « rehausser sensiblement, et à tous égards, l’offre d’hébergement hôtelier et de facilités de conférence de classe internationale de la ville de Douala ». La projection d’une séquence vidéo et la présentation du projet renseignent davantage sur le Kempinski Shekinah Palace Douala-Bonanjo, qui « contribuera à enrichir l’offre hôtelière haut de gamme, à renforcer l’attractivité de Douala, poumon économique de notre pays, et à soutenir le développement du tourisme d’affaires et générer de nouvelles opportunités économiques », se félicite Abakal Mahamat, administrateur directeur général (Adg) de BGFIBank Cameroun. Il parle au nom des bailleurs de fonds (Bdeac, Afreximbank, BGFI Bank).

Le promoteur du projet, président directeur général (Pdg) de All Luxury Suites Group (ALS Group), Rodolphe Simo Kam, ne tarit pas d’éloges à l’endroit du président de la République. « Par sa grande sagesse, son impulsion décisive, son écoute paternelle et son très haut accord, plusieurs obstacles administratifs, fonciers et sécuritaires qui entravaient la réalisation de ce grand projet ont pu être levés. Sans cet accompagnement déterminant, le Kempinski Shekinah Palace Douala-Bonanjo ne serait pas aujourd’hui en cours de réalisation ». Quant au nom de baptême du projet, « Shekinah », il explique que « dans la tradition hébraïque, ce mot sacré évoque la présence de Dieu, la manifestation de sa gloire et le lieu où l’homme reconnaît humblement que toute œuvre durable s’enracine dans une grâce qui le dépasse ».

Aménagements connexes

Le Pdg de ALS Group plaide pour « l’accompagnement de l’État dans les aménagements connexes » autour du projet : réfection de l’axe principal d’accès de l’aéroport international de Douala vers le centre-ville, amélioration des routes périphériques, modernisation de l’éclairage public et de la signalisation, réhabilitation complète des rues Bonanjo Joss et Surcouf, etc. « Une attention particulière sera, à cet égard, accordée à la réalisation des infrastructures d’accompagnement nécessaires, notamment en matière d’assainissement, d’accessibilité, d’alimentation en énergie et en eau, ainsi que de connectivité aux technologies de l’information et de la communication. En retour, nous attendons des promoteurs, des entreprises et de leurs partenaires, le même niveau d’engagement, de responsabilité et d’exigence », déclare Joseph Dion Ngute. Il ne doute pas qu’« investir dans le tourisme, c’est donc investir dans tout un écosystème économique. C’est aussi créer des conditions pour que nos territoires puissent mieux valoriser leurs atouts, activer des capitaux, développer leurs infrastructures et offrir davantage de perspectives professionnelles à notre jeunesse ».

Le chantier de 36 mois, dont 31 mois de travaux et 5 mois d’installation, sera réalisé par l’entreprise China Machinery Engineering Corporation (CMEC). Ce complexe hôtelier développé par ALS Group sur près de deux hectares comprend un hôtel 5 étoiles de luxe (palace) comptant 214 chambres et suites, 35 appartements hôteliers, une salle de conférence modulable de 3 000 places, une galerie d’art, des boutiques haut de gamme, un spa de 2 000 m2 -le plus grand d’Afrique subsaharienne- et un complexe de bureaux de standing international (grade A) s’étendant sur 17 000 m2.

Financement et impact

Michel Ferdinand

Il a fallu un déclic. Et le Pdg de ALS Group, Rodolphe Simo Kam, l’a mentionné dans son propos de circonstance, rendant ainsi hommage aux bailleurs de fonds qui l’accompagnent dans son projet, à savoir Afreximbank, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac) et le groupe BGFIBank. « Je salue tout particulièrement la BGFIBank Cameroun et son administrateur directeur général, M. Abakal Mahamat. Son institution a été la première à croire en notre vision en préfinançant plus de 20 milliards Fcfa d’études techniques, une démarche qui a dérisqué le projet et convaincu nos partenaires internationaux ».

Un apport qui a permis au projet d’avancer, rendant possible aujourd’hui le démarrage du chantier, qui affiche un coût prévisionnel évalué à 220 milliards Fcfa. Ce financement « repose sur 55% de fonds propres privés et 45% d’emprunts (Bdeac, Afreximbank, BGFI Bank) », en prenant en compte des avantages fiscaux et douaniers. La capacité de remboursement des fonds empruntés s’étale sur une période de 20 ans.

Sur le plan socio-économique, « durant la phase de construction, le projet générera environ 3 000 emplois. Dans la phase d’exploitation, le complexe devrait créer 4 000 directs et indirects stables, avec une attention particulière portée à l’intégration des jeunes et des femmes. Ces derniers bénéficieront de programmes de formation professionnelle spécialement conçus pour renforcer leur employabilité et leur insertion dans les métiers de l’hôtellerie et du tourisme ».  Ce qui sera favorisé par la création d’une école internationale de formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie en partenariat avec le groupe Kempinski en vue de développer une perspective locale conforme aux standards internationaux du secteur.

S’agissant du segment fiscal, « le projet va générer des recettes significatives pour les finances publiques, la région du Littoral et la ville de Douala, lors de sa phase d’exploitation. Il représentera une source d’opportunités d’affaires pour les Pme (petites et moyennes entreprises) locales, contribuant ainsi à la croissance économique du pays et à la réduction du chômage ». De plus, « la masse salariale distribuée aura un effet multiplicateur sur l’économie de Douala, stimulant les secteurs de la consommation, de l’immobilier, du transport, de la restauration et des services marchands ».

Et lorsqu’on sait que la gestion de l’hôtel relève du groupe Kempinski Hotels, il y a lieu de croire que rien n’a été fait au hasard, puisque Kempinski, fondé en 1897 à Berlin, avec son siège actuel à Genève, en Suisse, a la réputation internationale d’être la plus ancienne maison hôtelière de luxe dans le monde. « Le groupe exploite plus de 80 hôtels et complexes dans plus de 34 pays, notamment en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, où il associe son héritage européen au caractère de chaque destination ». Au Cameroun, l’aventure ne fait que commencer.