Le film documentaire raconte l’impact de la déforestation sur ce peuple, contraint d’effectuer un long voyage pour retrouver sa culture originelle.
Blaise Djouokep

Le film documentaire dure 1h30. Parlé en langue avec une traduction écrite en français, le documentaire tourné au cœur de la forêt où vit le peuple Baka raconte l’histoire d’un peuple en perte de repères et d’identité du fait de la déforestation, un peuple confronté a la consommation du whisky en sachet et ses conséquences (alcoolisme, violences, viols), et qui, décidé à retrouver sa culture originelle, a entrepris une longue marche qui va le conduire au plus profond de la forêt, vers les pays voisins. Le documentaire est tourné par le cinéaste anglais Phil Agland qui revient au cœur d’une famille Baka qu’il avait filmé un quart de siècle plus tôt. Cette nouvelle expédition, menée avec Samuel Nguiffo, spécialiste des peuples autochtones, va cependant révéler une réalité beaucoup plus préoccupante. La vie des Baka a profondément changé. Exploitation forestière, activités minières, grandes plantations : l’avancée de ces activités économiques a progressivement réduit l’espace de vie des communautés Baka.
L’introduction du whisky en sachet va contribuer a détruire la mentalité, les habitudes de ce peuple qui verra certains de ses fils devenir violents, des cas de viols se répéter… Les liens familiaux se sont fragilisés. Les tensions avec les populations voisines se sont accentuées. Or, pour les Baka, la forêt n’est pas seulement un territoire. Elle est le lieu de vie, de subsistance et de transmission des savoirs. Conscient de ce déracinement, six familles Baka, constituées d’une trentaine de personnes consultent le sorcier du village qui leur demande de redécouvrir la forêt sacrée, s’ils veulent retrouver leur culture originelle. Ils vont alors demander la protection de leur défunt père sur sa tombe, et prennent la route. Le voyage vers cette forêt sacrée dure plus de quatre mois.
Chemin faisant, ils atteignent d’abord le rocher sacré, les chutes sacrées au bout de trois mois, et plus d’un mois plus tard, la forêt sacrée. Pendant ce voyage en forêt, ils ne manquent pas d’apprendre leur culture aux plus jeunes et aux enfants, les techniques de chasse, les valeurs des choses dans la forêt, l’importance de la solidarité familiale, en prenant exemple sur les termites, alors qu’ils sont face à une termitière. Pour atteindre la foret sacrée, ils empruntent une pirogue qui longe les frontières du Congo, de la République Centrafricaine, et retrouvent cette forêt où sont installées des personnes qui ont entrepris ce long voyage longtemps avant eux.



