À compter de cette date, des contrôles routiers seront effectués et les véhicules non identifiés seront mis en fourrière.
Ulrich Enyegue

Attroupement ! À l’entrée du bâtiment principal de l’Hôtel de ville de Yaoundé, une file indienne s’est formée autour d’une table. Dossiers sous le bras. Clés de voiture en main. Des hommes attendent leur tour. Ce sont des taximans. Ils sont venus faire enregistrer leurs véhicules sur la plateforme numérique de la Communauté urbaine de Yaoundé. Trois femmes assurent l’accueil et accompagnent les chauffeurs dans les différentes étapes de l’identification. Emmanuel Pascal Koubou est dans la file. Il conduit un taxi depuis trois ans. Pour ce chauffeur, cette identification est un pare-choc pour l’insécurité. « Ce numéro nous met d’abord, nous-mêmes, les chauffeurs en sécurité et les usagers que nous transportons également en sécurité. Et il réduit les agressions, les coups de vol », explique-t-il.
Dans le même temps, la salle des actes de l’Hôtel de ville accueille les ateliers du projet Mobilité verte Yaoundé, en abrégé MoVe Yaoundé. Dans son allocution, le maire revient sur les chiffres de la campagne. « Mes impressions sont bonnes par rapport aux chiffres déjà enregistrés. À savoir environ 17 000 propriétaires de taxi et un peu plus de 18 000 chauffeurs de taxi », déclare Luc Messi Atangana. La campagne n’est cependant pas terminée. « Beaucoup ne sont pas encore enregistrés. Nous continuons donc à sensibiliser avec la collaboration des présidents des syndicats de conducteurs de taxi », ajoute-t-il. Le dispositif doit permettre à la Communauté urbaine de Yaoundé de disposer des informations sur les taxis, leurs propriétaires et leurs chauffeurs. Les participants découvrent également les possibilités offertes par la plateforme et échangent sur la création des groupements d’intérêt économique et des coopératives de taxis. Le maire fixe surtout une échéance. « L’opération pilote en cours s’achève le 5 octobre. Et dès le 6 octobre des contrôles routiers seront mis en place par les services compétents ». D’un ton martial, il conclut : « un taxi trouvé en circulation dans la ville de Yaoundé sans avoir été identifié sera systématiquement mis en fourrière ».
Le message est le même chez Collince Tchoumi, président national du Syndicat des chauffeurs et ouvriers de transport urbain et inter-urbains du Cameroun. Il appelle à ne pas laisser passer l’échéance. « Je demande à tous les chauffeurs de taxi de venir rapidement s’enregistrer. Sinon, nous allons les considérer comme des transporteurs clandestins et ils seront mis complètement en fourrière », prévient-il. Dans la cour de l’Hôtel de ville, les enregistrements continuent. Mais le compte à rebours est lancé. Le 6 octobre, ceux qui n’auront pas pris le virage de l’identification risquent de voir leur course s’arrêter à la fourrière.



