Il n’est pas exclu que le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) adoucisse son ton après la rencontre du 18 septembre 2026 avec le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur (Minetat-Minesup).
Arnaud Kuipo

« Le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur compte sur la maturité des enseignants du sous-secteur de l’enseignement supérieur en vue de la poursuite sereine et méthodique de toutes les activités liées au bon fonctionnement de l’ensemble des universités, dans un climat social apaisé. » C’est par ces paroles que Jacques Fame Ndongo termine son communiqué du 18 septembre 2026, signé probablement après la rencontre avec le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes). C’est l’occasion pour le chancelier des ordres académiques de présenter les états des paiements de l’allocation financière spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire et de la dette académique.
Dans un premier volet, le ministre d’État souligne qu’en ce qui concerne le quatrième trimestre 2025, les paiements de 5 478 395 000 Fcfa (montant global) se sont achevés par virements bancaires le 26 juillet 2026. De plus, il annonce aux enseignants-chercheurs concernés par les paiements par billetage (deuxième trimestre 2026) qu’ils pourront se présenter dès le 23 septembre prochain à l’agence comptable du compte d’affectation spéciale, située au Minesup, porte 1043.
Dans le second volet, relatif à la dette académique, Fame Ndongo informe que son paiement a débuté le 3 octobre 2025. Pour un total de 16 959 000 000 Fcfa, le paiement de cette dette « se poursuit normalement. À ce jour, 7 294 000 000 Fcfa ont déjà fait l’objet de paiement (…) Le reste à payer, d’un montant cumulé de 9 696 000 000 Fcfa, va se poursuivre en fonction des disponibilités de trésorerie de l’État. »
Seulement, l’analyse des montants communiqués dans les sorties ministérielles des 11 et 18 septembre 2026 fait observer au moins un écart qui interroge. Il s’agit du premier trimestre de l’allocation financière spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire. Quand la sortie du 11 septembre parle du reste à payer évalué à 1 073 057 200 Fcfa, le communiqué du 18 indique un montant de 1 769 475 000 Fcfa. « C’est un signe inquiétant qui interroge sur le niveau de confiance en la tutelle », réagit le coordonnateur Synes de l’Université de Yaoundé.
En effet, quand nous mettions sous presse, aucun nouveau communiqué du Bureau national exécutif du Synes ne nous était parvenu. Néanmoins, ce responsable du syndicat a confié qu’un bureau exécutif national devait se tenir hier. « On ne peut pas dire qu’on est au niveau zéro, puisque la prime spéciale de la recherche, premier trimestre et deuxième trimestre, est en train d’être payée. Il nous a (…) été dit que pour le quatrième trimestre 2025, ce sont les frais résiduels et que les collègues qui n’ont pas eu le paiement doivent, n’est-ce pas, faire des requêtes », a expliqué l’enseignant.
Rappelons que c’est dans un communiqué du 3 septembre dernier que le Synes a appelé à « une grève illimitée, dans toutes les universités publiques ». Trois revendications étaient à l’ordre du jour : une suite à la demande d’audience adressée, il y a plus d’un an, au président de la République ; le paiement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tou(te)s les enseignant(e)s, sans exclusive ; l’apurement total de la dette académique.



