Gaz domestique Yaoundé et Douala souffrent de pénurie

Dans les deux principales villes du pays, une frange de consommateurs ne parvient pas à s’en approvisionner depuis quelques jours.  

Wamba Sop

Où est le gaz ?

Les images montrent que le gaz domestique est devenu rare, avec une longue file de gens qui attendent pendant de longues heures sans être servis, et qui reviennent le lendemain sans être approvisionnés. La pénurie de gaz domestique touche actuellement les villes de Yaoundé, Douala et autres, où les consommateurs ne cachent plus leur ras-le-bol.

Une situation qui prend de l’ampleur, progressivement, depuis un ou deux mois. On savait que l’arrêt de production de la Société camerounaise de transformation métallique (Sctm), l’un des principaux distributeurs, en raison de ses difficultés financières, n’affectait que la ‘‘bouteille orange’’. Non.  Il se trouve que, depuis quelques jours, la pénurie touche d’autres marques, empêchant une partie de consommateurs d’entrer en possession de bouteilles de gaz domestique, comme d’habitude, en déboursant 6 500 Fcfa comme prix de recharge d’une bouteille de 12,5 Kg. « Jusqu’à quand le gouvernement va-t-il laisser les Camerounais dans la détresse ? ». S’interroge la Ligue camerounaise des consommateurs (Lcc) dans un communiqué de presse rendu public le mardi, 15 septembre 2026.

Ledit communiqué décrit le calvaire des consommateurs de gaz de pétrole liquéfié (Gpl). « La Ligue camerounaise des consommateurs exprime sa profonde indignation face à la pénurie de gaz domestique qui frappe actuellement les consommateurs dans plusieurs localités du Cameroun », peut-on lire. « Pendant que les ménages se battent pour trouver une bouteille de gaz, parfois au prix de longues heures d’attente, une question s’impose : comment un produit aussi essentiel à la vie quotidienne des familles peut-il venir à manquer sans qu’un dispositif efficace d’anticipation et de gestion de crise ne soit immédiatement perceptible ? », poursuit le même communiqué de presse.

Plan d’urgence

La rareté du Gpl interpelle « sur la capacité des pouvoirs publics à anticiper les difficultés d’approvisionnement en produits énergétiques essentiels. Le gaz domestique n’est ni un produit de luxe ni un produit secondaire. Pour des millions de familles camerounaises, il constitue un moyen indispensable pour préparer les repas. Lorsque le gaz manque, c’est directement le quotidien des ménages qui est paralysé », regrette la Lcc. Par ailleurs, « la situation est d’autant plus préoccupante que les premières victimes sont les familles aux revenus modestes, qui disposent de moins de moyens pour faire face aux solutions alternatives lorsque le gaz devient difficile à trouver ».

En termes de solutions, la Lcc propose, entre autres « un plan d’urgence pour rétablir rapidement l’approvisionnement normal en gaz domestique ; une communication quotidienne des pouvoirs publics sur l’évolution de la situation ; la publication d’informations fiables sur les stocks, les arrivages et la distribution ; le renforcement des contrôles sur l’ensemble de la chaîne de distribution ; des sanctions contre toute pratique avérée de spéculation, de rétention ou de détournement des stocks ; une attention particulière aux ménages les plus vulnérables ». Il y a également « la mise en place d’un mécanisme permanent d’anticipation afin d’éviter la répétition de telles crises ».

En attendant d’en savoir davantage sur les raisons d’une telle pénurie, la faute revient le plus souvent aux marketers qui cumulent des impayés vis-à-vis des importateurs.