Gaz domestique : Le retour de Sctm divise les ménages sur les prix

Après quelques mois de pénurie à Yaoundé et ailleurs, la bouteille orange refait surface et s’achète entre 6 500 et 10 000 Fcfa.

Hermine Mekou

Disponible, à quel prix ?

Après quatre mois de galère, due à l’indisponibilité de la marque, la bouteille de gaz Sctm a refait surface dans la capitale politique, comme dans beaucoup d’autres villes. Une bonne nouvelle, peut-on dire, qui cache une autre réalité : d’un quartier à un autre, le prix de la bouteille de 12,5 kg varie du simple au double. Dans certains quartiers de la ville, notamment Essomba, Awae Escalier, Nkomo, les bouteilles sont disponibles; mais ce retour s’accompagne d’une surenchère que dénoncent les consommateurs . Le constat a été fait le 4 novembre 2026 à plusieurs endroits.

Une variation qui inquiète les consommateurs, d’autant plus que le prix homologué est fixé à 6 500 Fcfa pour une bouteille de 12,5 kg. Comment les commerçants peuvent demander plus ? 10 000 Fcfa la bouteille, c’est trop. Sur le terrain,  l’écart traduit une hausse flagrante. Au prix officiel de 6 500 Fcfa, la bouteille Sctm est quasi introuvable, sauf lors des opérations spéciales organisées par le ministère du Commerce à la délégation régionale du Centre. Il faut alors patienter des heures ou des jours. Chez  certains dépositaires, le prix oscille entre 6 500, 500 et 10000 Fcfa. « Je la reçois à 6 800 Fcfa du grossiste. Je ne peux pas revendre pour perdre », se justifie un commerçant au quartier Nkomo.

Au quartier Essomba et périphériques, la spéculation persiste. Certains ménages paient encore entre 6 500 et 10 000 Fcfa. « J’ai fermé ma vente de beignets pendant une semaine en août. On nous a dit que c’est revenu à 6 500 Fcfa à la télé, mais qui vend à ce prix ? C’est chacun qui donne son prix. C’est d’ailleurs à prendre ou à laisser. Cette pénurie d’il y a quelques mois à tout basculé. L’Etat doit contrôler», s’indigne maman Béatrice, 52 ans, rencontrée au quartier Essomba. C’est le même son de cloche chez Alain, père de famille au quartier Awae escalier : «Trois boutiques, trois prix différents. C’est incompréhensible. On a l’impression qu’il y a un prix pour les riches et un autre pour les pauvres », regrette-t-il.

Pour Fatima, la chance a souri : « J’ai fait deux heures de queue pour l’avoir à 6 500 Fcfa, mais ma voisine, faute de temps, l’a achetée à 12 000 Fcfa », conclut-elle.

Pour les  consommateurs de Yaoundé, l’urgence n’est plus à la disponibilité, mais à l’harmonisation des prix. Comme le résume Jean Pierre, consommateur : « Le  gaz est revenu. Maintenant, il faut que le vrai prix revienne aussi ». Le panier de la ménagère en souffre.